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Plus de 16 000 ménages lavallois en situation de crise

Haro sur le logement à prix abordable

Stéphane St-Amour par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 15 mai 2009 à 14:25
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Plus de 16 000 ménages lavallois en situation de crise
Olivier Loyer, coordonnateur de la Fédération de Laval, Laurentides et Lanaudière des OSBL d’habitation. (Photos: Maya - Alarie Photo)
Plus de 16 000 ménages lavallois en situation de crise
Haro sur le logement à prix abordable
La pénurie de logements à prix abordable et le sous-financement pour ce type d’habitation destinée aux personnes à faible revenu ont été vertement dénoncés par le milieu communautaire qui tenait, hier, une journée de réflexion sur la situation de l’habitation à Laval.
Plus de 16 000 ménages lavallois, soit 36,6% de l’ensemble des locataires sur l’île Jésus, sont en situation de besoins jugés impérieux, a lancé d’entrée de jeu Olivier Loyer, coordonnateur de la Fédération de Laval, Laurentides et Lanaudière des OSBL d’habitation.

Appartiennent à ce groupe tous ceux et celles qui consacrent plus de 30% de leurs revenus nets à leur logement, frais de chauffage et d’électricité inclus, occupent un appartement trop restreint pour le nombre d’occupants ou encore qui habitent un logement qui tombe en décrépitude.

Mais il y a encore plus grave, enchaînait plus tard dans la journée Driss Mbirkou, chargé de projet à la Corporation de développement communautaire (CDC) de Laval : «7400 d’entre eux [16,7% des ménages lavallois] paient plus de 50% de leurs revenus pour se loger.»
Parents pauvres
Laval fait figure de parent pauvre en matière d’accessibilité aux logements à prix abordable.
Qu’il s’agisse du nombre d’unités d’habitation à loyer modique (HLM), du nombre de bénéficiaires des programmes d’aide Accès-Logis et Logement abordable ou du Programme de supplément au loyer (PSL), le taux de pénétration par tranche de mille logements à Laval est nettement inférieur à la moyenne qu’on retrouve à Montréal et à la grandeur du Québec.

Par exemple, en 2003, on recensait pour 1000 logements à Laval seulement 13,1 unités d’habitation à loyer modique contre 22,2 à Montréal et 24,6 au Québec, souligne Olivier Loyer. Quant aux 3,8 ménages lavallois sur mille ayant accès au PSL, ils sont également sous-représentés par rapport aux 6,7 ménages montréalais et 5,6 locataires dans l’ensemble de la province.

Cela dit, les 104 logements sociaux mis en chantier le mois dernier dans les quartiers Auteuil et Pont-Viau au coût de 18 M$ semblent bien négligeables aux yeux de M. Mbirkou.

De fait, on a rappelé la volonté de l’administration municipale d’ériger annuellement 250 logements sociaux et communautaires d’ici les cinq prochaines années.
Besoins en hausse
Les quelque 4000 logements à prix modique recensés à Laval sont, sauf erreur, tous occupés et les 16 380 ménages aux prises avec des besoins impérieux en 2006 sont appelés à croître rapidement au fil des prochaines années, prévoit-on.
Ce constat s’appuie sur plusieurs facteurs, dont le vieillissement de la population qui est plus marqué à Laval et la forte affluence de la population immigrante vers l’île Jésus.

Faut-il rappeler qu’avec les familles monoparentales, les gens âgés et les personnes immigrantes figurent au nombre des clientèles les plus vulnérables.

Olivier Loyer fait remarquer qu’en 2006, un Lavallois sur cinq était un immigrant de première génération, à savoir qu’il avait vu le jour à l’extérieur du Canada. «L’immigration est une variable clé dans la demande de logements», dit-il.

Quant à Driss Mbirkou, il souligne qu’entre 2001 et 2006, Laval a accueilli sur son territoire le plus grand nombre de nouveaux immigrants au Québec, et ce, toutes municipalités régionales de comté (MRC) et régions administratives confondues.

Celui-ci évoque également le phénomène du «trou de beigne», selon lequel les locataires fuient Montréal vers les banlieues en raison du prix des loyers trop élevé, qui ajoutera aux besoins en logement à Laval.
Préparer l’avenir
La Corporation de développement communautaire de Laval rêve d’un fonds d’immobilisation constitué de quatre à cinq millions de dollars comme levier économique pour faciliter l’émergence de corporatives d’habitation.
Ce fonds permettrait de rendre rapidement disponible le financement pour l’achat de terrain ou de bâtiment nécessaire à la réalisation de projets de logements sociaux et communautaires, portés par le milieu.

Enfin, la Table régionale des organismes communautaires autonomes en logement de Laval (TROCALL), à l’origine de cette journée de réflexion, travaille actuellement à l’élaboration d’un code du logement qu’elle souhaiterait éventuellement voir adopter par l’administration municipale.

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