Combien faudra-t-il de victimes pour que ça change ?
La perte d’une seule vie humaine dans de telles circonstances demeure encore à ce jour au-delà de l’entendement. Les articles du Courrier Laval, couvrant la marche du 1er mai en mémoire de Madame Jinane Ghannoum, organisée par le CAVAC de Laval, nous laissent plutôt négatifs et dans l’impuissance. Comme s’il n’y avait vraiment rien à faire pour que ça change autre que par l’unique voie de la loi ou de la justice.
À notre avis, maintenir et entretenir un tel discours à l’égard de cette problématique, c’est être en quête de mesures législatives plus répressives envers les hommes aux comportements violents en contexte conjugal. Revendiquer davantage de resserrement de la loi et de la législation, c’est en fait se cristalliser dans une vision bien étroite de cette problématique. Car malgré toutes les revendications des groupes de défense pour femmes violentées, la loi et la justice, quoiqu’elles aient leur pleine utilité, leur pertinence, auront toujours leurs limites.
Pourtant :
La prévention est remplie d’espoir et de possibilités…
Le dépistage et la référence sont aussi porteurs d’espoir…
À la lecture de ces articles, il va sans dire que, outre les mesures légales et les conditions auxquelles devait se soumettre Monsieur, il est clair que nous ne prévoyions aucun service, aucune «aide» pour l’homme concerné. Qui sait, s’il avait été accompagné, encadré dans cette période cruciale de sa vie, peut-être aurait-on pu éviter une telle fin si tragique ?
A-t-on pensé à l’informer de l’existence des services pour hommes ?
A-t-on pensé à le référer à une ressource, à un service pour hommes ?
À Laval, non, ce n’est pas la manière de faire…
Aucun des groupes de femmes du territoire, ni le CAVAC, ni même les policiers ne réfèrent aucun homme à la ressource qui leur est destinée.
Tant et aussi longtemps que nous croirons que la seule et unique planche de salut pour les victimes ce sont la loi et la justice, nous nous assurons de devoir prévoir, organiser d’autres marches en mémoire d’autres victimes.
«Agir de manière préventive auprès des hommes… cela fait aussi partie de la solution»
Robert Cormier, directeur général de Choc, Carrefour d'hommes en changement