Un bras de fer juridique est enclenché entre Marco Bourdon et le CPE Le Vent dans les Voiles.
(Photos: Martin Alarie)
Plainte contre le CPE Le Vent dans les voiles
Marco Bourdon et son épouse, Sandra Hunter, ont déposé une plainte au ministère de la Famille, le 8 mai, après qu'une visite au Centre de la petite enfance (CPE) «Le Vent dans les voiles», devant mener à l'inscription de leur fils Mikaël, 4 ans, a tourné au vinaigre.
Si les parents du petit Mikaël avancent que la directrice du CPE, Maria Latour, a refusé l'inscription de leur fils en raison de son allergie alimentaire aux produits laitiers, le conseil d'administration du CPE exprime un autre son de cloche.
«Nous refusons l'inscription de Mikaël, non pas pour ses allergies alimentaires, auxquelles nous sommes déjà confrontés dans le quotidien, mais en raison du comportement de ses parents. Une lettre recommandée expliquant notre décision a été postée le 14 mai. Jamais, nous n'avions refusé un enfant chez nous, que ce soit Mikaël ou un autre», affirme Catherine Champagne, présidente du C.A. du CPE, qui accueille 57 enfants, dont 20% souffrent d'allergies alimentaires.
Visite brève et mouvementée
Pour le couple Bourdon-Hunter, sa visite de routine des installations du CPE demeure encore un cauchemar à ce jour. Le 5 mai dernier, ils avaient répondu à l'invitation de Maria Latour et se sont présentés sur les lieux. La visite devait durer une heure, elle aura duré 15 minutes.
En présentant les cuisines, la directrice s'est informée des allergies possibles du petit Mikaël. «Les œufs, les arachides, ça allait, mais quand nous avons mentionné les produits laitiers, ça n'allait plus. Nous sommes désolés, il n'y a pas ce genre d'allergie ici, a alors prétexté la directrice, et il y en a dans trop de mets», raconte Marco Bourdon.
«J'ai même suggéré que nous fassions ses lunchs! Nous avons aussi suggéré d'appeler la directrice de son ancien CPE et d'échanger des trucs, mais rien n'y a fait. Pour nous, c'est de la discrimination pure et simple», continue Marco Bourdon.
En plus de leur plainte au ministère de la Famille, le couple a déposé un recours semblable devant la Commission des droits de la personne. La loi est claire: «Au Québec, fréquenter un centre de la petite enfance est un droit pour tous les enfants. L'enfant allergique ne doit faire l'objet d'aucune discrimination», rappelle l'Association québécoise des allergies alimentaires sur son site Internet.
S'entendre d'abord
Marco Bourdon a également communiqué avec le bureau régional du ministère de la Famille, où il a rencontré une conseillère, Line Edger. «Elle nous a rappelés pour nous dire que Mme Latour et nous devions arriver à un consensus. Nous avons rencontré de nouveau la directrice le 7 mai, mais elle nous a dit ne pas avoir encore de réponse».
«Nous répétons qu'à cette date, l'admission de l'enfant n'était pas refusée. Mais le couple s'est présenté sans rendez-vous», rétorque, pour sa part, Catherine Champagne.
Au moment de mettre sous presse, le ministère de la Famille n'avait pas retourné notre appel pour faire quelque lumière sur la plainte déposée et l'affaire en général.
Le Regroupement se questionne
Du côté du Regroupement des centres de la petite enfance de Laval, le directeur de l'organisme, Mario Boucher, a de gros questionnements. «En huit ans au Regroupement, c'est la première fois que j'entends dire qu'un enfant aurait été refusé. Les allergies sont des réalités quotidiennes dans les écoles et les CPE. Nous allons faire un suivi sérieux de ce cas-là.»
Tel que le veut la norme, le petit Mikaël avait passé un an et demi sur la liste d'attente des CPE avant de trouver une place possible au CPE «Le Vent dans les voiles».
Marie-Ève Sauvé
Commentaire mis en ligne le 12 février 2010Bonjour, je viens de lire l'article et cela ne me surprend pas la réaction du cpe. malheureusement le gouvernement n'est pas assez stricte auprès des administrateurs ils peuvent également placer leurs budgets un peu ou ils le veulent bien. Et malheureusement, le budgets n'est pas distribué aux bons endroits.
J'aimerais par le fait même pouvoir avoir l'adresse et savoir justement comment formuler une plainte face à une directrice générale d'un cpe ainsi que pouvoir formuler une plainte face au ministère pour l'hygiène et la sécurité en plus du mauvais traitement des éducatrices et le manques de jouets, de matériels, de sorties, et de jeux dans la cour.
Merci grandement.