(Photo: Maya - Alarie Photo)
Une mission sociale sur deux roues
Le Soleil doré du grand Est n'est ni un camp de vacance oriental, ni un prénom amérindien. C'est le nom d'un nouvel OSBL de remise à neuf de vélos, qui se donne une mission sociale «anti érosive», dans le secteur des Habitations Val-Martin, à Chomedey.
Tout a commencé l'été dernier, par une question: «Réparez-vous des vélos?»
Marcel Bourbonnais, cycliste et initiateur du nouvel organisme, a répondu oui à un des nombreux enfants qui circulent à bicyclette dans les ruelles qui sillonnent le petit village des Habitations Val-Martin.
Quelques mois plus tard, quelque 70 vélos, glanés dans les poubelles ou donnés au bricoleur de bicyclettes, étaient entreposés sous une bâche de plastique dans la cour de l'immeuble qu'il habite, avec la bénédiction du propriétaire.
Rapidement, des adolescents du voisinage sont venus prêter main forte. «Ça a créé un phénomène social», résume M. Bourbonnais.
Pour un sac de chips
L'initiative de l'homme de 50 ans a pris récemment une tournure officielle, avec la création d'un organisme à but non lucratif et d'un conseil d'administration de trois personnes.
«Ceux qui ont de l'argent me paient», explique Marcel Bourbonnais. Mais le plus souvent, dans ce secteur défavorisé de Laval, on l'aborde en demandant: «C'est vrai que vous donnez des vélos?»
Alors, comme dans le cas de ces deux enfants qui sont venus demander une bicyclette à offrir à leur maman pour la fête des Mères, ils sont invités à dérouiller une pièce à la laine d'acier, ou à remonter un pédalier.
Sur les factures compilées par M. Bourbonnais, qui assure le secrétariat de l'organisme, on peut lire des choses comme… «Un vélo en échange d'un sac de chips format familial et deux litres de crème soda»!
Un «écosystème»
L'organisme n'a pas été baptisé au hasard. «Soleil doré du grand Est, c'est pour l'est du globe; le soleil qui se lève à l'est. On démarre à partir de quelque chose de primaire.»
Marcel Bourbonnais, un documentariste qui a en poche deux maîtrises complétées à Paris, n'a jamais pu vivre de son art. Il déplore par-dessus tout le gaspillage du savoir-faire de plusieurs artisans, mis en marge de la société au profit d'une logique économique.
Dans les vélos qu'il rafistole, il apprécie la valeur du travail qui y a été investi. «Plutôt que d'empocher 25 sous la livre de métal, on remet ces vélos dans la localité, avec la valeur du travail humain qu'ils incorporent.» Avec, en prime, la valeur ajoutée par Soleil Doré et ses nombreux aides.
Le processus se compare à un cycle écologique, explique M. Bourbonnais. «Dans un écosystème, si tu rases tout, la vie va reprendre. À Laval, tout a été rasé. Il ne reste que les centres commerciaux. Si on veut que ça repousse, il faut viser les valeurs fondamentales.»
Et, comme les racines des arbres qui bordent un cours d'eau empêchent la terre de s'éroder, «les vélos qui passent ici, c'est une mesure anti érosive».
johanne lecours
Commentaire mis en ligne le 10 octobre 2009Serait-il possible d'avoir les coordonnées de cet organisme afin de pouvoir faire un don d'une bicyclette ?
Merci à l'avance.
Johanne Lecours