Dans l'ordre habituel, on reconnaît Serge Ménard, député dans Marc-Aurèle-Fortin, Carole Lavallée, critique du Bloc québécois en matière de patrimoine à Ottawa, Luc Malo, député bloquiste de Verchères-Les-Patriotes, et Nicole Demers, députée de Laval.
(Photo: Martin Alarie)
Le Bloc réclame le rétablissement du financement en culture
Une dizaine d'organismes culturels de la région ont été rencontrés
La tournée culturelle du Bloc québécois s'est arrêtée à Laval, mercredi dernier, où la critique en matière de patrimoine à Ottawa, Carole Lavallée, a rencontré une dizaine d'organismes de la région, dont le Théâtre Bluff qui souffre des coupures dans la culture annoncées par le gouvernement Harper, en août 2008.
«Nous réclamons le retour en force des sept programmes abolis l'été dernier», a déclaré Mme Lavallée lors d'un point de presse en fin de matinée. Ces coupures, qui totalisent une enveloppe annuelle de 26 M$ pour l'ensemble du pays, touchent majoritairement les Québécois. «Notre créativité artistique faisait en sorte que ces sommes étaient distribuées à près de 60% au Québec», poursuit-elle, rappelant que ce retrait du soutien financier jugule le développement de plusieurs entreprises de création.
Un théâtre lavallois écope
L'abolition des programmes PromArt et Routes commerciales, entres autres, entraîne comme fâcheuses conséquences l'annulation de tournées à l'étranger et, conséquemment, des mises à pied au sein des compagnies artistiques en émergence.
De fait, la nouvelle production du théâtre Bluff se destinait à la scène internationale. «Le réseau du théâtre jeunesse est très développé en France, où la demande est grande», soutient son directeur général, Mario Borges, qui est aujourd'hui privé de ces programmes de financement, qui auraient pu lui valoir un financement de 30 000$.
L'exportation est un moyen efficace d'assurer la pérennité de nos entreprises culturelles, de faire rayonner notre culture et de faire vivre nos artistes et artisans, enchaîne-t-il, concédant que son projet de tournée en France risquait fort de s'en trouver retardé.
Motion
Quant à la tournée qu'effectue présentement le Bloc, elle s'articule dans la foulée de la motion [M-297] déposée, en février dernier, à la Chambre des communes par le député bloquiste de Verchères-Les-Patriotes, Luc Malo.
Cette motion, sur laquelle seront appelés à voter les parlementaires dès le mois prochain, demande au gouvernement fédéral d'apporter une aide directe aux artistes en haussant à 300 M$ le budget du Conseil des arts du Canada et d'annuler les compressions effectuées dans sept programmes culturels.
«On verra à quelle enseigne logent les députés conservateurs du Québec», indique le député dans Marc-Aurèle-Fortin, Serge Ménard. Ce dernier estime que la motion vise à contrer le «mépris» que le Parti conservateur voue aux artistes tout en assurant «la survie des entreprises culturelles mises en péril» par ces coupes.
Juridiction culturelle
Porte-parole du Bloc en matière culturelle, Mme Lavallée insiste pour dire que chaque dollar qu'Ottawa investi en culture rapporte cinq fois plus en retombée économique.
À cet égard, la députée de Laval, Nicole Demers, avise que l'industrie culturelle représente au Québec 314 000 emplois, dont plus de la moitié sont des emplois directs.
S'appuyant sur le rapport rendu public, le mois dernier, par le Comité permanent du patrimoine canadien – dont il était partie prenante – chargé d'analyser les programmes abolis à l'été 2008, Luc Malo explique que les raisons derrière ce geste étaient davantage d'ordre idéologique que pragmatique.
Enfin, Carole Lavallée, qui dénonce l'improvisation et la mauvaise foi dont fait preuve le gouvernement conservateur dans le dossier de la culture, souhaite rapatrier à Québec les pouvoirs en matière de culture, une volonté déjà exprimée unanimement à l'Assemblée nationale.