Le roi du blues québécois, Bob Harrisson, fête ses 50 ans de carrière.
(Photo: Martin Alarie)
Cinquante ans de carrière pour le roi du blues
Ces jours-ci, Bob Harrisson a le blues acoustique et le sourire électrique! Le roi du blues québécois célèbre ses 50 ans de carrière en lançant Entre nous, un album sur lequel il reprend des grands classiques d'ici et d'ailleurs.
Le lancement d'Entre nous a lieu aujourd'hui, au Savoy du Métropolis. L'enregistrement s'est effectué le 13 juillet 2008, devant public, lors d'une soirée hommage conçue à son intention au Festival international du blues de Tremblant.
Ces dernières années, Bob Harrisson a développé un concept plus acoustique. «Je vieillis et j'ai eu envie de jouer du blues plus assis. J'ai tassé les cuivres et arrêté de multiplier les guitares électriques, pour finalement donner une saveur plus musique du monde au blues que je joue depuis plus de 30 ans; et je le fais avec des gars qui savent tous chanter», explique Bob Harrisson, dont l'ancien style s'inspirait beaucoup des Blues Brothers: lunettes noires et artillerie lourde.
Les classiques
Harrisson s'est entouré de Sylvain Bertrand (basse-contrebasse-voix), Robert Dethier (percussions-voix) et Dan Marsolais (guitares électriques-voix). Ce dernier a également réalisé l'album.
Pour l'occasion, Bob Harrisson a réarrangé 13 pièces, dont Sweet Home Chicago, le classique de Robert Johnson ouvre l'album, Ayoye, «Gerry n'aurait pas renié cette version!», un superbe Don't Let the Green Grass Fool You, et d'autres incontournables, de Câline de blues (Offenbach) à What a Wonderful World, qu'a popularisé Louis Armstrong.
La vie à Laval
L'artiste habite Laval depuis plus de trois ans. L'amour a amené ce gars des grandes villes à découvrir la banlieue. À 59 ans, Bob Harrisson dit toucher au bonheur.
«Depuis que j'ai rencontré ma nouvelle femme, je ne touche plus de drogue. Je vois les choses plus claires, les idées sont moins sombres, et je découvre Laval: ça te prend un char et tu dépenses plus d'argent. On dirait que dès que tu sors de chez vous, y'a toujours un centre d'achat pas loin!»
Les débuts
On se rappellera que dès l'âge de sept ans, Bob Harrisson devient le batteur attitré de son père et sa mère, qui chantent des variétés dans les mariages et les bars de la province. «Mon père s'est aperçu que je coûtais juste un seven up par show. Il a montré la porte à son batteur!»
À 15 ans, Bob Harrisson part avec ses baguettes et son sac à dos, direction Toronto. Il devient un spécialiste de la musique country, ce qui l'amènera aux États-Unis, où il accompagnera plusieurs gros noms, dont Willie Nelson.
Dans la jeune vingtaine, il retourne à Toronto et s'allie à d'autres musiciens pour fonder Dillinger, une formation bien de son temps, qui interprète du jazz et rock progressif à la Genesis. «Rush faisait nos premières parties!»
Années Offenbach
Vers la fin des années 1970, il rencontre Breen Leboeuf. Cette amitié débouchera sur un coup de téléphone: Offenbach a besoin d'un batteur. Nous sommes en 1979, Bob Harrisson quitte Terre-Neuve, où il a suivi une fille, pour Montréal. C'est au sein d'Offenbach que le musicien découvre qu'il a une voix de blues.
«En 1984, nous avons fait une grande tournée (Forum, Colisée, Ottawa), puis on s'est ramassé six mois sans travailler. J'ai décidé de former mon groupe de blues. Je n'ai jamais arrêté!» de dire celui qui a souvent traversé le Québec de bord en bord, en compagnie de ses vieux acolytes Carl Tremblay, Jim Zeller, Jimmy James, Nic Payne et Mike Deway.