Voie réservée ou pas, la STL aura un bus qui passera sur le futur pont et qui desservira le secteur du nouveau tronçon autoroutier, entre les boulevards Marcel-Villeneuve et Lévesque.
(Photo: Martin Alarie)
Des citoyens veulent faire pression pour une voie réservée
Pont de l'A-25
Alors qu'un projet de train dans l'est de Laval à court ou à moyen terme est exclu, un nouveau comité citoyen de promotion du transport collectif dans ce secteur de l'île Jésus remet sur le tapis la nécessité d'une voie réservée sur le futur pont de l'A-25.
Le pont actuellement en construction sera pourvu de trois voies dans chaque direction, d'une piste multifonctionnelle, mais n'aura pas de voie réservée. Seules les approches du pont seront pourvues de voies dédiées au transport collectif.
«À Montréal, une voie réservée au transport en commun empruntera le chemin de desserte de chaque côté, tandis qu’à Laval, une voie réservée sera située en site propre vers le sud et parcourra l’avenue Roger-Lortie vers le nord», explique France Bouffard, responsable des communications pour Concession A-25, le consortium partenaire du gouvernement pour le projet.
Tarification
De part et d'autre de la future structure, à Montréal comme à Laval, des autoroutes à deux voies dans chaque direction déverseront leur flot de véhicules sur le pont à trois voies.
Ce qui fait dire à Réjean Gosselin, agent d'information chez Transports Québec, qu'il n'y aura pas de bouchon. «Et comme c'est un pont à péage, il y aura fluidité sur le pont», ajoute-t-il.
La structure est conçue pour accueillir un maximum de 68 000 véhicules par jour, rappelle M. Gosselin. Concession A-25 pourra gérer la circulation via un régime graduel d'augmentation des tarifs, prévu dans les termes du contrat signé avec le ministère des Transports (MTQ), fait valoir le porte-parole.
L'effet du développement
Benoit Turgeon, résident de Saint-François et président du Comité de citoyens pour les transports collectifs dans l'est de Laval, créé il y a quelques semaines, est d'un autre avis.
«Il y a des rêveurs qui disent que puisque c'est un pont à péage, il ne sera pas achalandé. Moi, je n'y crois pas. Avec un peu de bonne volonté, il devrait y avoir de la place [pour une voie réservée].»
Le scepticisme de M. Turgeon était partagé par les membres de la commission d'enquête et d'audience publique du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet de prolongement de l'A-25.
La commission recommandait, dans son rapport publié en 2005, l'aménagement d'une voie réservée sur l'ensemble du nouveau tronçon d'autoroute, y compris sur le pont.
«La commission est d'avis que le promoteur [ministère des Transports] a peut-être sous-estimé le trafic sur les ponts de la rivière des Prairies en 2016, y compris sur le pont projeté», peut-on lire dans le rapport.
On mentionne notamment les retombées économiques de la nouvelle structure, comme le développement urbain futur dans l'est de Laval, qui induira un achalandage supplémentaire.
Le point de vue est partagé par le directeur du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval, Guy Garand. «Si tu développes l'est de Laval, avec une moyenne de deux voitures par résidence, tu vas faire quoi avec toutes ces voitures de plus? Le développement autoroutier qu'on fait, c'est un concept dépassé, qui date de 40 ans.»
La STL traversera le pont
Voie réservée ou pas, la Société de transport de Laval (STL) aura un bus qui passera sur le pont, informe la porte-parole Marie-Céline Bourgault.
Elle confirme par ailleurs que le développement futur dans le voisinage du nouveau tronçon autoroutier à Laval n'est pas une lubie. Pour évaluer l'achalandage de son futur circuit, la STL s'est basée sur un scénario de capacité d'accueil de 6000 logis; un chiffre fourni par la Ville de Laval.