Derrière le certificat: la démarche réalisée par une école, épaulée par le conseiller de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Laval, Roger La Roche.
(Photo: Martin Alarie)
Au-delà du certificat
Les certifications environnementales foisonnent, par les temps qui courent. Au-delà du morceau de papier remis à 18 «écoles écocitoyennes», le 5 mai, le suivi et les ressources mises à leur disposition font la différence.
Au Québec, 1200 institutions scolaires figurent sur la liste des Établissements verts Bruntland, inaugurée en 1993.
Ce statut, créé dans la foulée du rapport de 1988 de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'ONU — aussi connu sous le nom de Rapport Bruntland — vise à reconnaître et valoriser les réalisations à saveur environnementale des jeunes et des adultes en milieu scolaire.
«Nous, on veut aller plus loin», indique Roger La Roche, conseiller développement durable et écocitoyenneté à la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Laval. Certaines écoles nouvellement certifiées École écocitoyenne par la CRÉ ont aussi le statut Établissement vert Bruntland, note-t-il.
Cette dernière reconnaissance, rattachée à la Centrale des syndicats du Québec, demeure une démarche «d'autodéclaration», explique M. La Roche. «Nous, on fait un suivi extérieur.»
Un éveil
Lors de la réalisation d'un bilan environnemental, par exemple, les écoles qui s'engagent dans le processus de certification de la CRÉ jouissent de l'appui et du suivi nécessaires. «C'est l'étape la plus importante, à part le programme éducatif», dit Roger La Roche.
Trier les initiatives vertes et les soupeser n'est pas chose simple. «Souvent, ils n'ont pas pris le recul nécessaire, ils ne savent pas où ils s'en vont. Le bilan sert à ça: c'est un éveil.» Après la prise de conscience qui émerge du bilan, un plan d'action prend forme.
Comme c'est le cas pour le programme AVEC, duquel découle la nouvelle certification, l'aide est personnalisée, explique M. La Roche, également responsable du programme éducatif AVEC.
L'empreinte écologique
Le bilan conventionnel, basé sur la gestion environnementale dans un établissement, est en voie de prendre la forme plus rigoureuse d'un calcul de l'empreinte écologique. Les écoles qui convoitent une certification seront dirigées dans cette voie dès l'automne prochain, révèle le conseiller.
À la gestion des matières résiduelles et des déchets dangereux, à la qualité de vie et à l'aménagement de la cour déjà inscrits aux bilans viendront bientôt s'ajouter les efforts relatifs au transport actif, à la lutte aux îlots de chaleur, à la réduction de la consommation d'eau et d'énergie et à la consommation d'aliments locaux, entre autres.
Militants créatifs
Toute la démarche est intégrée au projet éducatif. L'objectif ultime est de «contaminer» tout le milieu scolaire, du noyau d'individus impliqués dans une école à tout l'établissement, puis d'une école à l'autre, autant au primaire qu'au secondaire, et même au niveau collégial.
«La continuité est importante. Les élèves grandissent et passent d'une école à l'autre, et on en fait des militants intelligents. Au lieu de juste dénoncer, ils sont aussi créatifs», résume Roger La Roche.