Petites annonces | Enchères au Québec | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Courrier Laval
Pool_résultats_2009_2010
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Pour ou contre la réforme?

Nathalie Villeneuve par Nathalie Villeneuve
Voir tous les articles de Nathalie Villeneuve
Article mis en ligne le 16 juin 2009 à 13:29
Soyez le premier à commenter cet article
Pour ou contre la réforme?
(Photo: Martin Alarie)
Pour ou contre la réforme?
La réforme de l'éducation soulève les passions depuis 10 ans. Mais règle générale, ses défenseurs et ses détracteurs pointent du doigt non pas la philosophie qui la sous-tend, mais les ratés de sa mise en application. Deux enseignantes nous livrent leur point de vue.
Marielle Potvin a enseigné pendant 23 ans dans le réseau public d'éducation, avant de fonder son entreprise de services pédagogiques, à Chomedey.

Adepte du socioconstructivisme, la philosophie à la base de la réforme, elle estime que le virage pris il y a une décennie est très positif en théorie, mais que la réalité est autre, sur le terrain.
Gavés
On gave encore les enfants de connaissances comme on gave les oies, affirme-t-elle. À l'opposé, le socioconstructivisme place l'élève au centre des apprentissages, en constante interaction avec son groupe.
«Maintenant, on n'a plus à gaver l'oie, dit-elle. On doit allumer le feu. Les enfants aujourd'hui sont plus allumés qu'il y a 50 ans et on les traite de la même façon.»

Ce n'est pas vrai que les enfants n'ont pas le goût d'apprendre. On les éteint. Donnons un sens à ce qu'ils apprennent et faisons un lien entre l'école et l'extérieur.»
Le petit Charles
Pour illustrer l'approche au cœur de la réforme, l'ex-enseignante donne l'exemple du petit Charles, un ancien élève de 3e année. Arrivé un lundi avec un bras fracturé, sa mésaventure à bicyclette a alimenté le programme de la semaine entière.
De fil en aiguille, lui et ses camarades ont épluché les règles de sécurité à vélo, la radiographie de Charles, le squelette humain, le Guide alimentaire canadien et des notions de chiropractie. La communication orale, l'écriture, la lecture, les mathématiques et les sciences hebdomadaires se sont arrimées au cas du jeune blessé.

Même après la réforme, ce type d'enseignement, où les frontières entre les matières s'effacent, où les murs de l'école laissent filtrer la réalité extérieure et où les connaissances acquises s'imbriquent comme des Légo, a valu à Mme Potvin la reconnaissance de la direction et de parents, mais la désapprobation de ses pairs.

«Il y a de beaux projets mis de l'avant, mais c'est encore minoritaire, évalue celle qui a toujours enseigné sans manuel et sans donner de devoirs. Les profs qui s'engagent sont ostracisés.»
Réformer la réforme
Pour Chantal Crochetière, enseignante au préscolaire et présidente du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval, la priorité accordée aux compétences par rapport aux connaissances est une erreur.
«Avant de développer des compétences, on doit d'abord acquérir des connaissances. Comment peut-on demander à quelqu'un de construire une maison qui se tient, s'il n'a pas les connaissances de base?»

Le socioconstructivisme peut être intéressant, admet-elle «mais avec le nombre d'élèves par groupe et les élèves en difficulté, il ne s'applique pas».

Elle oppose la réalité des jeunes des milieux défavorisés aux principes de la réforme, qui préconise la découverte des notions par l'élève lui-même. Sans l'accès aux livres et aux expériences personnelles enrichissantes dont bénéficient leurs compagnons plus fortunés, difficile d'y arriver, fait-elle remarquer.

Idem pour les élèves en difficulté d'apprentissage, qu'on intègre pourtant dans les classes régulières. «On le voit au quotidien, le désastre», laisse-t-elle tomber.

Avec la Fédération autonome de l'enseignement, le Syndicat de l'enseignement de Laval prépare actuellement une plateforme pédagogique comprenant 32 orientations. Une réforme de la réforme. «Il faut faire le constat et dire qu'on s'est trompé», dit Chantal Crochetière.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • Avez-vous l'intention de célébrer la journée de la femme?
  • Oui
  • Non

Liens