Plusieurs citoyens ont manifesté leur inquiétude lors de l'assemblée de consultation publique du 28 mai dernier.
(Photo: Martin Alarie)
Assemblée de consultation publique
Le développement résidentiel inquiète
Les développements immobiliers poussent comme des champignons à Laval. Le 28 mai dernier, une vingtaine de citoyens se sont présentés à l’assemblée de consultation publique tenue à l’hôtel de ville pour s’informer de la portée de nouveaux projets annoncés et faire part au maire Gilles Vaillancourt de leurs inquiétudes.
Six projets étaient portés à l’ordre du jour. Les projets de développements résidentiels, qui remplaceront des zones actuellement boisées mais permettant déjà la construction résidentielle, ont retenu l’attention des citoyens des secteurs concernés.
Val-des-Brises
L'ébauche présentée pour le secteur au nord de l’autoroute 440 et à l’ouest de l’avenue des Gouverneurs reprendrait le plan-concept appliqué au développement Val-des-Brises déjà existant. On y prévoit un aménagement résidentiel, principalement des habitations unifamiliales, mais aussi quelques petits immeubles à condominiums. Un secteur commercial serait développé entre l’autoroute et le boulevard Robert-Bourassa.
Un ruisseau parcourant le secteur de part en part, le plan d’aménagement prévoit l’enclaver dans un corridor protégé. À la Ville, on planifie conserver une zone à caractère naturel dans le développement projeté. Un secteur de cet espace vert pourrait être utilisé pour des aménagements sportifs.
Aucun des citoyens présents n’a signifié d’objection à son éventuelle réalisation.
Objections à l’horizon
Un projet domiciliaire et une demande de changement de zonage dans le secteur situé entre les rues Bienville et Bellecombe, qui y permettrait la construction et l’opération d’une garderie, a pour sa part créé de la grogne. Les interventions des citoyens concernés portaient sur deux points précis: la protection des espaces verts et les problèmes de stationnement et d’embouteillages que pourrait causer la clientèle d’une garderie qui compterait environ 60 places.
Un citoyen s’enquérant s’il y aurait un espace vert de prévu, le maire Vaillancourt s’est voulu rassurant. «Il y en a toujours, dans tous les projets», a-t-il dit. Quand son interlocuteur s’est informé s’il pouvait s’opposer au projet, M. Vaillancourt a précisé qu’il serait possible de le faire, tout en avertissant: «On tente de vous protéger en mettant un zonage unifamilial et un plan d’aménagement. Si vous vous opposez, il n’y aura pas de garderie». Il s'est fait un devoir d'ajouter que ça n’empêcherait pas la construction, qui pourrait être beaucoup plus invasive.
À la suite de l’intervention de Mélanie Guno, résidente de la rue Bellecombe, demandant la préservation de la zone boisée et du ruisseau coulant dans ce secteur, le maire Vaillancourt s’est fait conciliant. «Nous allons regarder s’il est possible d’acquérir une bande boisée supplémentaire, pour créer un meilleur accès [au ruisseau déjà en zone protégée]. Si vous en voulez plus, on fera comme à l’île Paton. On expropriera et on vous taxera pendant 20 ans», a-t-il tranché.
Face aux inquiétudes exprimées quant à la circulation additionnelle et la sécurité du secteur, le maire de Laval a certifié que l’urbanisme ajoutera des cases de stationnement en quantité suffisante et que la piste cyclable sera conservée, mais son aménagement modifié.
Soucieux de l'environnement
Les résidents des rues adjacentes au développement proposé dans le secteur de la rue du Parc-des-Érables avaient de nombreux questionnements face aux décisions municipales.
Les résidents de la rue Amyot s'étaient déplacés nombreux pour s'assurer que leur rue ne déboucherait pas sur le nouveau développement. Ils faisaient cette demande afin de préserver le calme et restreindre la circulation automobile, qui pourrait se densifier avec la venue de nouvelles habitations dans le secteur. Le maire a assuré qu'il inclurait leur demande au plan de développement
Georgette Gagnon était particulièrement concernée par la préservation de la zone marécageuse située dans le projet présenté. M. Vaillancourt a pu mettre fin à ses soucis: «Le marais ne sera pas construit, ne sera jamais construit. Actuellement il appartient à un particulier, mais dans la proposition, il y aura cession à la Ville des zones 8 et 9 [milieux humides] pour 1 $ par le développeur.» Certains ont manifesté leur mécontentement, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une grande concession, considérant le caractère protégé des milieux humides et des zones inondables.
Un citoyen s'est d'ailleurs avancé au micro pour réclamer que les développeurs «aillent jouer ailleurs. Le peu de bois qu'on a, vous voulez le construire!»Impatienté par les interventions répétées à ce sujet, le maire a réitéré sa proposition. Acquérir plus d'espaces boisés dans ce secteur, en contrepartie d'une augmentation du compte de taxes municipales des résidences limitrophes pour les 20 années suivantes.
Réal Brideau, résident de la rue Parc-des-Érables, a abordé la vitesse excessive déjà problématique dans le secteur. Il a avancé la possibilité d’installer des dos d’âne afin de limiter l’ardeur des plus téméraires. Le maire Gilles Vaillancourt s’est exclamé à la blague: «Lâchez-moi avec les dos d’âne. C’est bon pour les parcs à roulottes en Floride. L’hiver, on se tue avec ça!» Plus sérieusement, le premier citoyen a indiqué qu’il s’assurerait auprès du service d’Ingénierie qu’on introduise des mesures de contrôle de vitesse.