Le maire demandant aux citoyens contre le projet de changement de zonage de lever la main…
(Photos: Valérie Crépeau)
Conversion du Parc Mont-Laval: la Ville statuera d’ici la fête du Travail
Dépôt d’une pétition de 1775 noms contre la disparition du camping
La salle du conseil de l’hôtel de ville était, hier soir, trop petite pour accueillir tous les locataires du Parc Mont-Laval et les citoyens des rues avoisinantes inquiétés, pour la grande majorité, par un projet de changement de zonage, visant à convertir le site de camping-caravaning en un projet domiciliaire.
D’entrée de jeu, le porte-parole du regroupement des Amis du Parc Mont-Laval, Jacques Bertrand, a déposé une pétition de 1775 signatures, réclamant des autorités municipales le rejet du règlement de zonage L-2001-3322.
«On aurait brandi des épouvantails auprès des propriétaires des maisons du voisinage immédiat évoquant la possible venue d’installations tapageuses et même loufoques pour les convaincre du bien-fondé du futur projet», a-t-il dénoncé, citant au passage une piste de Go-Karts, un centre commercial, un parc d’amusement, un parc aquatique et même un casino. «Ces arguments devaient convaincre ces voisins des zones contiguës au Parc Mont-Laval d’appuyer le séduisant et lucratif [90 M$] projet de construction domiciliaire», a-t-il enchaîné.
Pas de double discours
Le maire Vaillancourt s’est bien défendu de tenir un double discours, signifiant qu’il n’avait «aucune difficulté à retirer le projet».
Il a toutefois précisé qu’il était dans l’intérêt de tous de connaître les usages actuellement permis sur le site. Que l’on modifie ou non le règlement de zonage, cela ne garantit en rien le maintien des installations actuelles, a fait valoir le maire. «Il [le propriétaire] peut décider qu’il ferme demain matin son exploitation», ajoutant que la Ville ne pourrait lui refuser un permis de construction pour l’aménagement, par exemple, d’un bar, d’un ciné-parc, d’un cirque, d’un centre équestre, d’un parc d’amusement intérieur ou d’une piste de course. «Je ne dis pas que c’est ce qu’il va faire, mais un jour s’il est tanné de perdre de l’argent, ce sont des choses qui sont actuellement permises [par le zonage].»
Le propriétaire interpellé
En milieu d’assemblée, un locataire du camping pour le moins très irrité s’est présenté au micro, pointant un doigt accusateur en direction du nouveau propriétaire présent à quelques pas de lui, avant d’être appelé à l’ordre par la présidente de l’assemblée.
«M. Chartrand nous a dit qu’il ferait un parc Belmont, si ça ne marchait pas.»
Croisé à la sortie de l’hôtel de ville, le propriétaire Sylvain Chartrand, escorté par quelques conseillers, n’a pas voulu commenter cette allégation, ni nous dire ce qu’il entendait faire de son terrain. «Il est tard», a-t-il prétexté, préférant se donner quelques semaines de réflexion avant de rencontrer les médias.
Plus tôt en soirée, à la question d’un citoyen qui voulait savoir s’il était prêt à reconsidérer son projet, le président de Maisons Charplex a répondu qu’il était «prêt à rencontrer les gens», sans plus.
Don écologique
Le premier citoyen de Laval a aussi rappelé que jusqu’à ce qu’il vende au printemps dernier, M. Weber rêvait d’un dézonage des terres agricoles qu’il possédait en bordure du camping et du boisé Sainte-Dorothée pour en faire un développement résidentiel.
«Monsieur Chartand [le nouveau propriétaire] nous ferait un don écologique de plus de 2,4 millions de pieds carrés dans la zone agricole», a fait part Gilles Vaillancourt.
À cet égard, une représentante de l’Association pour la protection du boisé Sainte-Dorothée, Stefania Ripamonti, a demandé au maire si ce don était conditionnel à l’adoption d’un changement de zonage. M. Vaillancourt a expliqué qu’on en était à l’étape des discussions, mais que «don ou pas, ce terrain ne sera pas dézoné».
Cela dit, Mme Ripamonti a souligné «la grande ouverture d’esprit» de M. Chartrand face à leurs préoccupations environnementales. «On ne peut pas se prononcer en faveur ou contre [le projet de règlement], mais on réitère notre volonté de continuer à collaborer avec les autorités», a-t-elle dit, après avoir déposé au nom de son organisme un mémoire, le deuxième depuis avril, portant sur la forêt Sainte-Dorothée voisinant avec le projet.
Résidente du parc, Mireille Patry a pour sa part commenté l’assurance donnée par le promoteur de déplacer ailleurs sur le site les arbres encombrants, advenant la réalisation de son projet résidentiel. «Le CRE [Conseil régional de l’environnement] de Laval me confirme l’impossibilité de transplanter des arbres aussi matures. C’est de la foutaise!»
Ce à quoi le maire a répliqué, un peu plus tard: «J’en ai fait transplanter des plus gros que ça dans ma vie», assurant «qu’il n’y aura pas moins d’arbres avant qu’après» le projet résidentiel.
Des pour
Devant une foule plutôt hostile, certains résidents du quartier ont eu le courage de manifester leur appui au projet. Ce fut notamment le cas de Sylvain Berger, domicilié dans la rue des Tulipes.
«Je sympathise avec les gens étant moi-même un campeur, mais je suis obligé d’approuver le projet de zonage; question de logique».
Résidant de la rue des Pivoines, M. Goulet est également en faveur, faisant valoir que les propriétaires fonciers avaient beaucoup plus à perdre dans un avenir plus ou moins proche. «Moi, je vais vivre avec les conséquences; pas eux!» en parlant des autocaravaniers habitant le parc.
Questionné sur leur qualité d’électeur en prévision d’un éventuel référendum, le maire Vaillancourt a affirmé ne pas connaître «le statut juridique des locataires».
Également résident de la rue des Pivoines, Yann Landry a vainement tenté d’aborder la hauteur des futures habitations prévues au projet. «On ne parlera pas du gabarit des bâtiments s’il n’y a pas de consensus possible», a indiqué le maire, qui s’est engagé à trancher le débat d’ici la prochaine séance du conseil de ville, début septembre.
LG
Commentaire mis en ligne le 3 septembre 2009A DP! Reveiller vous! Je vois un peu de jalousie ici, n/est-ce pas? Si ont pars pour le sud l'hiver, c'est parce que peut-etre nous n'avons pas de maison ICI et on vit dans notre motorisee. Et en passant, nous avons travailler fort toute notre vie pour se permettre un motorisee et passer l'hiver en floride. Ont etait pas assis sur notre derriere ou sur le chommage! On est pas riche, on est retraite, J'aime mieux payer un motorisee $300,000 et etre libre a partir avec ma maison que pour un condo et vivre comme dans un apartement et peut-etre avoir la malchance de me faire poigner a cote d'une voisine comme vous. ouff!!