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À quand, l'usine à compost?

Nathalie Villeneuve par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 24 septembre 2009 à 17:20
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À quand, l'usine à compost?
Le compost lavallois est fabriqué à aire ouverte, à partir des résidus organiques de 6000 ménages et de commerces. Le compostage en usine ne supplantera pas nécessairement cette façon de faire, dit-on à l'Hôtel de Ville. (Photo: Martin Alarie)
À quand, l'usine à compost?
Montréal est la seule, dans la grande région métropolitaine, à avoir publié un plan directeur de gestion des matières résiduelles. Un devoir que les cinq autres grandes agglomérations de la région tardent à remettre. Alors que les écologistes s'impatientent, Laval est toujours à l'étape des études.
Le «devoir» en question consiste notamment à fournir une liste de scénarios de traitement des déchets putrescibles et des déchets ultimes. De tels scénarios impliquent un virage technologique qui doit être assorti d'un cadre financier et d'un échéancier de réalisation.

Selon une étude effectuée par Recyc-Québec, les «putrescibles», c'est-à-dire la matière organique comme les résidus de jardin et de table, représentaient, en 2006, 59 % des déchets envoyés à l'enfouissement. Les résidus ultimes sont ceux qui resteraient dans le sac vert, malgré tous les efforts de valorisation.
Retard
À l'origine, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) réclamait, de la part des cinq secteurs géographiques de la région (Agglomération de Montréal, Laval, Agglomération de Longueuil, couronne Nord et couronne Sud), un plan directeur au plus tard en décembre 2007.
Cette date butoir a été repoussée au 31 décembre 2008. L'agglomération de Montréal, qui a dévoilé publiquement son plan à la mi-septembre 2009, ne fait pas preuve d'une ponctualité exemplaire, mais est la seule à l'avoir en poche.

À Laval, «le plan devrait être déposé en 2010», indique Stéphane Pineault, coordonnateur Politiques et interventions de développement, à la CMM. Cependant, précise-t-il, des éléments d'une étude menée conjointement par la municipalité et la couronne Nord, finalisée en décembre 2008, contenait des éléments du plan directeur.
Des années
Ces nombreux reports irritent Karel Ménard, directeur général du Front québécois pour une gestion écologique des déchets. Les plans directeurs qui manquent à l'appel sont un symptôme, dit-il en somme. «Ça traîne en longueur, il ne se passe rien.»
M. Ménard était présent, le 7 mai 2009, à la période de questions de la dernière assemblée du conseil de la CMM. Il compte taper à nouveau sur le clou, à l'assemblée du 1er octobre.

L'échéancier de la mise en place d'infrastructures de traitement des déchets putrescibles et ultimes est une question d'années, a laissé entendre le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, à l'assemblée du conseil du 7 mai.

«Quant à nous, elle [la démarche] est enclenchée. Ensuite, il y a un processus de consultation publique. S'il y a un projet dans quatre ans, nous aurons fait diligence.»

Le financement des infrastructures, très coûteuses, était encore problématique au printemps. Québec s'engageait, dans son plan budgétaire 2010-2011, à instaurer un programme visant à aider financièrement les municipalités pour l'implantation de digesteurs anaérobies.

Ces usines permettraient de traiter la matière organique et d'en tirer du compost et du biogaz. Pour l'ensemble du Québec, l'installation de ces infrastructures «représente des investissements totaux évalués à 500 millions de dollars», peut-on lire dans le plan budgétaire publié en mars dernier.

L'engagement financier n'est pas clair: «Le coût de ces investissements serait réparti entre le gouvernement du Québec, le gouvernement fédéral et les municipalités.»

«Est-ce que 170 M $ plus 170 M $ plus la contribution des villes seront suffisants? Je ne pense pas», estimait le maire de Laval, en mai.
> Combien coûte une usine?
Une étude comparative des technologies, réalisée en 2006 pour le compte de la CMM, par SNC-Lavalin, fournit une estimation des coûts d'un digesteur anaérobie, pour le traitement des résidus organiques.

Pour Laval et la Couronne Nord, qui doivent traiter 79 000 tonnes de matière par année, le coût des installations s'élèverait à 60 M $. Les revenus de la vente de compost et de biogaz impliquent toutefois un coût de revient moins élevé.

(Photo: Martin Alarie)

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