Un ancien médecin de la Cité-de-la-Santé reconnu coupable
Le Conseil de discipline du Collège des médecins du Québec a déclaré l'ancien chef du département de chirurgie de la Cité-de-la-Santé, Cherif Tadros, coupable de s'être approprié les ristournes offertes par un fournisseur de l'hôpital.
Sur une période de six ans, c'est un montant de 312 000$ que le fabricant Johnson & Johnson a versé dans le compte bancaire d'une fondation sans existence légale, dont le seul bénéficiaire était le Dr Tadros. Les ristournes étaient liées au volume des ventes de prothèses de hanche et de genou de cette compagnie avec l'hôpital. Le Code de déontologie des médecins leur interdit d'accepter toute commission, ristourne ou avantage matériel injustifié.
Le médecin qui fait maintenant partie de l'équipe de la clinique privée RocklandMD aurait utilisé l'argent pour payer des soins pour son père et offrir des cadeaux à ses collègues.
C'est après avoir été confronté par les autres médecins du département que le Dr Tadros a remis sa démission, le 15 novembre 2006. Elle a été entérinée lors du conseil d'administration du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval, le 14 décembre 2006.
Changement
Mathieu Vachon, porte-parole du CSSS, affirme que l'administration de l'hôpital n'était pas au courant de l'entente que le Dr Tadros avait avec Johnson & Johnson. À la suite à ces événements, il y a eu une mise à jour des pratiques de soumission, rapporte-t-il.
«Nous demandons maintenant que les valeurs ajoutées [ristournes] soient mentionnées. Les compagnies s'engagent à les donner par chèque au CSSS qui les gère et les distribue équitablement», explique M. Vachon.
Il ajoute que les ristournes, qui correspondent habituellement à un pourcentage des achats, doivent être utilisées par les départements pour la formation du personnel. Ces sommes servent à payer les inscriptions à des congrès, mais pas les frais d'hôtel ou d'avion.
Est-ce qu'une personne s'étant fait installer une prothèse par le Dr Tadros entre 2001 et 2006 devrait s'inquiéter de la qualité du matériel utilisé par le spécialiste? «Non, répond M. Vachon. Le processus de soumission est très normé.» Il précise que les valeurs ajoutées ne sont pas incluses dans les processus de soumission.
Cherif Tadros a maintenant 30 jours pour en appeler de la décision du Conseil de discipline. Les sanctions ne seront pas connues avant plusieurs mois puisque des audiences devront être tenues et le Conseil devra délibérer de nouveau.