Tat Toai Nguyen a remarqué que ses enfants sont continuellement «enrhumés». Une forte odeur de moisissure règne dans sa maison.
(Photo: Martin Alarie)
Un autre drame locatif
Le 537, rue Lahaie n'a pas été sélectionné comme lieu de la manifestation d'hier par hasard. Là se déroule le drame d'une jeune famille vietnamienne avec trois enfants en bas âge, qui s'inquiète de voir la maison qu'elle habite s'effondrer.
Arrivé au Québec en mai avec sa famille, Tat Toai Nguyen est installé à Pont-Viau depuis 5 mois. Avec son bambin de deux ans dans les bras, il montre la fenêtre du salon sortie de son cadre, qui laisse des fissures béantes.
Moisissure?
Les murs, les portes et les fenêtres se sont mises à se déstructurer il y a un peu plus de deux mois. «La maison ne semble pas posée sur quelque chose de solide», constate le locataire. Divers travaux ont été faits par le propriétaire, dit-il, sans résultat.
«Finalement, je ne m'en sors pas. Je voulais régler le problème gentiment avec lui…», s'excuse presque M. Nguyen. «On est en train de monter un dossier» pour la Régie du logement, ajoute France Desrochers, responsable du volet logement à l'Association coopérative d'économie familiale de L'île Jésus.
M. Nguyen dit ne pas avoir remarqué l'odeur tenace de moisissure qui règne dans la demeure. «Je viens d'un pays où il y a tellement de problèmes, dit-il. On s'adapte.»
Sommé de quitter
À l'invitation de la Table régionale des organismes communautaires autonomes en logement de Laval (TROCALL), Denis Gagné et sa conjointe, Manon Labrie, répondaient aussi aux questions des journalistes, dans la cuisine des Nguyen.
Ce couple et leurs trois enfants avaient ouvert leur porte, la semaine précédente, à l'équipe du Courrier Laval. Le propriétaire de leur maison de Chomedey, envahie par la moisissure et la suie issue d'un système de chauffage défectueux, n'avait toujours pas amorcé les travaux, hier.
«Il m'a appelé tantôt. Il veut que je parte vendredi», a raconté M. Gagné, qui cherche un nouveau logis pour sa famille. Sans travail depuis un an, toutes ses démarches se soldent par un échec. (N.V.)
(Photo: Martin Alarie)
(Photo: Martin Alarie)