Marc Demers, président de l'association péquiste dans Laval-des-Rapides.
(Photo: archives)
«Une commission d'enquête ne nuirait aucunement aux enquêtes policières en cours»
Marc Demers, ex-responsable de l'unité des enquêtes des crimes majeurs à la police de Laval
Ex-candidat du Parti québécois dans Laval-des-Rapides et président de l'association péquiste dans cette circonscription, Marc Demers joint sa voix à celle de Pauline Marois, qui réclame haut et fort la tenue d'une commission d'enquête publique, visant à faire la lumière sur les allégations de collusion et de corruption dans l'industrie de la construction qui éclaboussent le pouvoir public et les partis politiques de tous les paliers de gouvernement.
De passage dans la région à l'occasion de l'assemblée générale des associations du Parti québécois de Laval-des-Rapides et de Chomedey, la chef péquiste a rappelé que c'est le vœu de la «très grande majorité» de la population. «L’Association des procureurs de la Couronne, l’Association des policiers provinciaux, le maire de Montréal, le maire de Québec, et bien d’autres, veulent une commission d’enquête publique. Seuls Jean Charest et ses ministres la refusent. Alors, une question s’impose: qu’ont-ils à cacher?»
Escouade Carcajou
Marc Demers rejette les prétentions de ceux qui s'y objectent, à l'effet que ça ne ferait que nuire aux enquêtes policières déjà en cours.
Évoquant l'escouade Carcajou mise sur pied en 1995 et dont il a fait partie, l'ex-policier enquêteur est d'avis qu'une commission d'enquête les aurait aidés à lutter contre le gangstérisme. «Mon opinion est basée sur 30 ans de carrière dans les forces policières», insiste celui qui fut responsable de l'unité des enquêtes des crimes majeurs pendant douze ans au sein du service de police de Laval.
«Veut-on attendre encore six ans avant que ne cesse la collusion?» lance-t-il, rappelant le temps qui s'était écoulé entre la création de Carcajou et l'Opération printemps 2001, qui avait conduit à l'arrestation d'une centaine de membres des Hells Angels.
Commission Gomery
Il ajoute que «le pouvoir d'enquêter des policiers relève du Code criminel» et qu'en ce sens, il aura «toujours préséance» sur le pouvoir d'une commission d'enquête.
Par contre, celle-ci aurait pour effet de rendre certaines personnes «beaucoup plus prudentes», voire de faire «cesser la collusion», estime Marc Demers.
Il étaye son affirmation en citant la Commission Gomery, qui a notamment permis de mettre au jour le système de financement illégal du Parti libéral du Canada au Québec et d'imposer quelques sentences d'emprisonnement aux principaux publicitaires liés au scandale des commandites: «Cette commission d'enquête a aussi fait en sorte d'éclairer l'électorat qui n'a jamais plus reporté au pouvoir le Parti libéral du Canada».
Pour Marc Demers, toutes les allégations qui ont déferlé dans les médias cet automne, dont celles laissant croire au truquage d'appels d'offres dans l'octroi de dix contrats importants à Laval à l'hiver 2003, justifient le déclenchement d'une commission d'enquête publique. «Je trouve indécent de penser à hausser la TVQ, les frais d'électricité et les frais de scolarité, alors qu'on laisse aller un tel gaspillage», termine-t-il, en dénonçant les milliards de dollars en deniers publics dilapidés en surfacturation.
(Photo: archives)
Claude L
Commentaire mis en ligne le 4 décembre 2009Un maire peut être là aussi longtemps qu'il est élu et fait une bonne job. Les personnes agées ne sont pas des êtres innocents et sans jugement, ils ont autant de valeur que les Nathalie de ce monde. Vous auriez dû écrire "citoyenne exaspérée" et non citoyen.