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Ambulances refoulées à la Cité-de-la-Santé

Comment briser l'effet domino?

Nathalie Villeneuve par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 17 décembre 2009 à 17:33
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Ambulances refoulées à la Cité-de-la-Santé
Le problème des ambulances refoulées est huit à dix fois plus fréquent à Laval, selon La Presse. (Photo: Martin Alarie)
Ambulances refoulées à la Cité-de-la-Santé
Comment briser l'effet domino?
Le phénomène n'est pas nouveau: des ambulances bloquées parfois pendant des heures au quai de l'urgence avec leur patient, en attendant qu'il soit pris en charge. À Laval, révélait La Presse cette semaine, le problème est huit à dix fois plus marqué qu'ailleurs dans la région de Montréal. Pourquoi? Quelles solutions envisager?
Dans le jargon des services hospitaliers, la référence au trop-plein est coutumière. Il y a quelques années, on créait une unité de débordement pour désengorger les couloirs de la Cité-de-la-Santé.

L'encombrement à l'urgence se dévide aussi sur les quais extérieurs, où les ambulances sont régulièrement stationnées, en attente.

Mais le quai de l'urgence n'est en fait que le goulot d'étranglement d'un reflux situé bien en amont, explique Mathieu Vachon, porte-parole du Centre de santé et de services sociaux.
Plus haut
«Il y a un effet domino, illustre-t-il. La problématique n'est pas seulement à l'urgence. C'est un problème qui englobe l'Hôpital et même la région. L'urgence, c'est la porte d'entrée.»
Pour emprunter encore une fois à la nomenclature de la circulation routière, le bouchon se situe souvent aux étages de l'Hôpital, où les lits sont en quantité insuffisante pour accueillir les patients de l'urgence.

Le véritable entonnoir peut se situer encore plus haut dans la chaîne, dans un autre établissement du réseau de la santé. À titre d'exemple, une place manquante dans un CHSLD fait en sorte qu'un lit d'hôpital reste occupé plus longtemps que prévu.
Pourquoi à Laval?
La problématique est la même dans tous les grands hôpitaux achalandés comme la Cité-de-la-Santé, souligne Mathieu Vachon. Mais il ne nie pas l'ampleur du problème à Laval.
Selon les données récoltées par La Presse, un sommet a été atteint entre le 26 avril et le 23 mai 2009. Des ambulances ont été coincées à l'hôpital lavallois à 202 reprises pendant cette période, pour une moyenne de 70 minutes chaque fois.

«Depuis deux ans, on reçoit plus d'ambulances», constate M. Vachon, qui ajoute que l'achalandage de l'hôpital en général a aussi augmenté.

La croissance démographique de la banlieue nord de Montréal et le vieillissement de la population y sont pour quelque chose. Le fait que la Cité-de-la-Santé soit le seul hôpital à Laval aussi.
Plus d'autonomie
La question des ambulances refoulées fait l'objet d'une analyse conjointe avec Urgences-Santé, dit Mathieu Vachon. Des solutions se profilent, afin que les ambulanciers ne soient pas confinés sur place.
Dans tous les scénarios examinés, de l'espace et des ressources en personnel supplémentaires semblent incontournables.

Le président du Syndicat du préhospitalier Montréal-Laval, Réjean Leclerc, croit que la solution passe par une vision intégrée des services. Outre les inconvénients pour les patients, le refoulement des ambulances occasionne perte de temps et dégradation des conditions de travail des ambulanciers, dit-il.

Il croit que ces derniers devraient bénéficier d'une plus grande autonomie. «Nous, on doit transporter tout le monde, dans une civière, à l'hôpital. C'est la directive. Mais pourquoi transporter un patient à l'urgence, s'il se retrouve dans la salle d'attente 12 heures?»

L'évaluation de l'état du patient pourrait être déléguée aux ambulanciers, fait-il valoir. La nouvelle façon de faire nécessiterait toutefois un encadrement par le personnel médical et une formation plus poussée des paramédics, souligne M. Leclerc.

Les patients pourraient aussi être dirigés ailleurs qu'à l'hôpital, selon leur état, suggère Réjean Leclerc.

«Il faut intégrer le service préhospitalier dans l'organisation du travail, pour qu'on prenne part à la solution, qu'on ne soit pas perçu comme un problème», résume-t-il.

(Photo: Martin Alarie)
> L'urgence en chiffres
La Cité-de-la-Santé dispose de

> 49 civières à l'urgence

> 4 civières réservées à la traumatologie

> 60 places à l'unité de débordement

> 59 ambulances se sont présentées à l'hôpital lavallois en une journée, récemment. L'affluence normale est de 35.
Source: Centre de santé et de services sociaux

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