Mercredi soir, plus de 150 enseignants ont envahi la salle du conseil des commissaires.
(Photo: Maya-AlariePhoto)
Les enseignants en colère
Les offres patronales jugées inacceptables
Plus de 150 enseignants se sont rendus à la réunion du conseil des commissaires, le 20 janvier pour témoigner de leur mécontentement face aux offres patronales déposées dans le cadre du renouvellement de leur contrat de travail.
«Le dépôt patronal sectoriel est odieux, méprisant et caricatural», a lancé d’emblée la présidente du Syndicat de l’enseignement de la région de Laval (SERL), Chantal Crochetière, lors de la période de questions.
Elle a prévenu la présidente de la Commission scolaire de Laval (CSDL), Louise Lortie, que tous les cadres seront interpellés et «devront répondre de ce dépôt». «Il y aura un changement de ton de la part du SERL, à moins que vous nous disiez publiquement que vous êtes dissidente», a déclaré Mme Crochetière.
Au moment de répondre, Mme Lortie a clairement fait savoir aux syndiqués qu’elle avait voté en faveur de résolutions assurant le meilleur enseignement possible pour la réussite des élèves et permettant une organisation du travail plus efficace. Elle a aussi fait savoir qu’elle avait voté en faveur d’une proposition demandant à la ministre Michelle Courchesne de reviser les conditions salariales à la hausse. Ces résolutions ont été adoptées lors du conseil général de la Fédération des commissions scolaires qui a eu lieu en août.
La présidente du SERL a remercié Mme Lortie d’avoir été aussi claire et a appelé ses troupes à questionner leurs directions d’école afin de savoir si elles sont également en accord avec les offres patronales.
Réussite des élèves
Chantal Crochetière a vertement dénoncé le fait que les offres patronales soient présentées sous le couvert de la réussite des élèves. «Vous nous rendez coupables de l’échec et du décrochage des élèves. Nous faisons ce travail parce que nous croyons à la réussite des élèves», a-t-elle soutenu.
«Ce dépôt est la consécration de la vocation. On va entrer dans l’enseignement comme on entre au couvent. Il n’y aura plus de place pour une vie», a-t-elle ajouté.
Les contraintes imposées pour la période servant à la préparation de cours et la correction, la réduction de la période de dîner au primaire, l’abolition du congé sans traitement, les modifications au processus de mutation et le retrait de la pondération d’un élève handicapé sont quelques-unes des offres dénoncées par les syndiqués.
«On nous enlève toutes les conditions de travail qui avaient un peu d’allure et on va nous rendre imputable de la réussite», a conclu Mme Crochetière avant d’être chaudement applaudie par ses membres.
Pénurie
Pour les syndiqués, il ne fait pas de doute que si les propositions patronales sont adoptées, elles accentueront la pénurie d’enseignants dans les écoles. «Les conditions actuelles sont déjà déplorables, si ces offres passent il va y avoir une pénurie parce que plusieurs vont partir», confie un enseignant du secondaire.
Le SERL est affilié à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). En décembre, celle-ci avait déjà fait savoir qu’elle défendra «avec vigueur les conditions d’exercice de l’enseignement et le droit des élèves à des services éducatifs de qualité». Les membres du SERL doivent se rassembler en assemblée générale le 26 janvier afin d’adopter un plan d’action.
31 mars 2010
-Fin du décret imposant les conditions de travail des employés du secteur public
-Date butoir imposée par le gouvernement pour arriver à une entente.
(Photo: Maya-AlariePhoto)
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