Réactions lavalloises à l'élection de Dion
Surprise chez les bloquistes, désir d'aller de l'avant chez les libéraux. Le baromètre de la scène politique lavalloise s'ajuste lui aussi, en réaction à l'élection de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada, le week-end dernier.
La députée libérale de Laval-Les Îles, Raymonde Folco, est apparue sereine et obstinément optimiste lors d'une entrevue téléphonique, mardi dernier. Les réactions négatives de la part de certains libéraux, rapportés par les médias aux lendemains de l'élection, ne se sont pas rendues jusqu'à ses oreilles, a-t-elle dit.
Mme Folco a affirmé ne pas avoir été surprise du choix des délégués. «Dès samedi après le deuxième vote, j'avais un feeling. On le sentait, sur place. On finit par développer un sixième sens.»
«Il a gagné, il a été légalement élu, il faut regarder en avant», a-t-elle fait valoir.
Celle qui appuyait la candidature de Michael Ignatieff se range à présent derrière le nouveau chef. «On a eu un caucus hier (lundi), et l'atmosphère était excellente. Il y avait un nouveau courant qui passait, il y avait de l'électricité dans l'air!»
L'enthousiasme est également à son comble au sein du groupe de bénévoles d'une douzaine de personnes sur lequel pouvait compter la machine Dion, à Laval. «C'est merveilleux», lance Marie-Reine Paradis, qui était à pied d'œuvre à la tête de l'équipe, depuis juillet. Stéphane Dion «méritait d'être là», estime Mme Paradis, qui a elle-même été élue co-présidente de la Commission des aînés du PLC, lors du congrès d'investiture de la semaine dernière.
Et au Bloc…
Nicole Demers, députée de la circonscription de Laval, a quant à elle été surprise du choix du père de la Loi sur la clarté référendaire, par les délégués libéraux fédéraux.
Cette militante du Bloc québécois a souligné qu'à sa première déclaration médiatique, «[…] le nouveau chef libéral a soutenu qu'il ne reconnaissait pas l'existence d'un déséquilibre fiscal entre Ottawa et Québec, malgré la position adoptée quelques heures plus tôt par les congressistes libéraux. De plus, c'est du bout des doigts qu'il a voté à la Chambre des communes pour la reconnaissance de la nation québécoise.»
Mme Demers ne sous-estime pas cet adversaire avoué et tenace de l'indépendance du Québec. «C'est un homme très intelligent et qui est très tranché dans ses jugements. Il vient de prouver qu'il peut causer des surprises», dit-elle.
(Photo: courtoisie)