Un couple entre biens et bonheur
La quête matérielle effrénée du couple moderne, imaginée par François Archambault dans sa Société des loisirs, s'amène sur les planches de la Salle André-Mathieu en pleine période d'emplettes de Noël.
Avec un humour mordant, une ironie vive et un ton cru, le dramaturge nous plonge dans une soirée arrosée, dans la vie de Pierre-Marc (Christian Bégin), «un handicapé affectif», et Marie-Pierre (Marie-Hélène Thibault), «une onde de colère et révolte». Une maison, une piscine, un piano dont ils ne savent jouer ni l'un ni l'autre, une enfant adoptée qui leur permet de «faire leur bénévolat sans quitter la maison»: le couple a tout pour être heureux.
«Ces deux êtres se définissent par ce qu'ils possèdent, ce qu'ils font dans la vie, jamais par ce qu'ils sont. Même les moments où ils doivent faire l'amour sont inscrits à leur calendrier», raconte Christian Bégin,
«Je m'oppose à cette vision matérialiste du bonheur, l'accumulation de biens, sans pour autant y être étranger. Cette pièce m'a changé. Il y a un nid à redéfinir, un temps de qualité à réinventer dans le cocon familial», avance-t-il.
Mode échangiste
Également au cœur de cette Société des loisirs: l'échangisme, un phénomène qui a pris de l'ampleur depuis la création de la pièce en 2002.
«Sans porter de jugement moral, cette façon d'éclater sa sexualité dans un couple traduit peut-être, et justement, un besoin de rencontre extérieure avec l'autre, de vivre une relation hors d'une intimité conjugale», observe le comédien, qui a obtenu le Masque d'interprétation masculine 2004 pour sa performance. La Lavalloise Geneviève Néron et Normand D'Amour complète la distribution, dans une mise en scène de Michel Monty.
La pièce a aussi permis à François Archambault de décrocher le Masque 2004 pour le texte original. Le public lavallois pourra en apprécier le résultat les 22 et 23 décembre à la Salle André-Mathieu.(B.L.)
(Photo: Courtoisie)