Dre Patricia Hudson, adjointe médicale, Direction de santé publique, Diane Filiatrault, directrice Programme Famille Enfance Jeunesse, CSSS de Laval, Dre Marie-Claude Lavigne, médecin omnipraticienne et Marie Beauchamp, directrice générale adjointe, CSSS de Laval, présentent la nouvelle brochure portant sur l'allaitement maternel. (Photo: David Gaubiac)
«L'allaitement maternel: pendant un mois c'est bien, mais plus de deux c'est mieux»
Le lait maternel est irremplaçable et inimitable. De nombreuses études scientifiques démontrent que les bébés allaités sont en meilleure santé et que leur maman l'est aussi. Plus la période d'allaitement est longue, plus la protection est grande. Voilà pourquoi les services de santé de Laval ont produit une brochure consacrée à l'allaitement.
Intitulé: «L'allaitement maternel, pendant un mois c'est bien, mais plus de deux c'est mieux», ce document de 24 pages est une réalisation du Centre de santé et de services sociaux de Laval et de l'Agence régionale. Les mères et les pères y trouveront une foule d'informations sur l'allaitement. On y parle de la production du colostrum et du lait par les seins, des premières tétées, de la relation mère-nourrisson. Les mères intéressées y trouveront aussi une liste des ressources sanitaires et communautaires pouvant les aider à être à l'aise avec l'allaitement.
L'objectif de ce nouveau document est d'encourager les nouvelles mères à persévérer avec l'allaitement durant plusieurs mois. Une première enquête sur l'allaitement de l'Institut de la statistique du Québec, réalisé en 2005-2006, a indiqué que 87 % des Lavalloises allaitaient leur nouveau-né. Après deux mois, ce pourcentage tombe à près de 65 %. À quatre mois de vie, le taux d'allaitement est d'environ 55 %. Il tombe sous la barre des 50 %, six mois après l'accouchement.
«Dans les premiers jours, le nombre de Lavalloises allaitantes dépasse de 2 % les objectifs ministériels. Toutefois lorsqu'elles sont de retour à la maison, elles abandonnent dans une grande majorité l'allaitement exclusif, c'est-à-dire sans autre ajout de liquides ou d'aliments, avant les deux mois de leur bébé», rapporte la Dre Patricia Hudson, adjointe médicale à la Direction de santé publique.
Deux facteurs expliqueraient cet abandon graduel. Premièrement, la montée de lait n'est pas bien établie quand les nouvelles mères quittent l'hôpital. Deuxièmement, les nouvelles mères éprouvent un certain sentiment d'insécurité face à l'alimentation de leur nourrisson. Dre Hudson incite donc les mères à communiquer avec leur CLSC ou avec l'un des groupes de soutien à l'allaitement.
Des avantages pour le nourrisson et la mère
Le lait maternel contient plus de 1000 substances vivantes: éléments nutritifs, facteur de croissance, hormones, anticorps, acides gras essentiels, enzymes…Ces composantes jouent un rôle protecteur et nutritif spécifique pour le développement optimal du nourrisson.
«Il y a des éléments présents dans le lait maternel qu'on ne trouve pas dans le lait maternisé industriel. C'est ainsi que le lait maternel aide à la prévention des allergies, de l'asthme et du syndrome de la mort subite du nourrisson. Il stimule le système immunitaire du nouveau-né», souligne Dre Hudson.
Cette professionnelle de la santé signale quelques-uns des avantages pour la mère d'allaiter son bébé. Ces femmes ont moins de risque de dépression post-partum, de cancer du sein, des ovaires et de l'endomètre ainsi que d'ostéoporose. La mère allaitante perd aussi plus rapidement le surplus de poids pris durant la grossesse.
Le rôle des pères
La brochure aborde aussi le rôle des pères.
«Le père joue un rôle important au niveau du soutien et de l'encouragement», fait remarquer la doctoreure.
Le père entre en relation avec le poupon en le cajolant, le berçant, le lavant, le massant.
«Vous ne faites pas les choses comme votre conjointe? C'est parfait ainsi. Votre bébé a besoin de vous deux, différemment», peut-on lire dans la brochure.