Les offres d'emploi se multiplient auprès des diplômés
Jobboom trace le bilan des perspectives du marché du travail
Il est à espérer que le bilan des perspectives du marché du travail dévoilé par Jobboom ait l’effet d’un électrochoc sur les jeunes étudiants en questionnement sur leur parcours académique.
«Alors qu'au Québec, un jeune sur trois quitte le système scolaire sans formation menant à un métier ou à une profession sur le marché du travail, on dénombre une quarantaine de programmes d'études spécialisées pour lesquels il n'y a pas suffisamment de diplômés pour répondre aux demandes des employeurs. Il y a donc de très belles perspectives, souvent méconnues, pour ceux et celles qui veulent s'inscrire à une formation professionnelle, collégiale technique ou universitaire.»
Voilà ce qu’affirmait Patricia Richard, directrice générale des contenus aux Éditions Jobboom, à l'occasion du lancement de la 10e édition de l'ouvrage Les carrières d'avenir 2007. Cette publication découle d'une importante enquête menée entre août et novembre 2006 auprès de quelque 400 intervenants des milieux industriel, professionnel et scolaire.
10 offres d’emploi par diplômé!
«Année après année, nous constatons l'écart entre le nombre d'offres d'emploi et la jeune relève formée dans plusieurs programmes menant au marché du travail en formation professionnelle, collégiale et universitaire», a rappelé Mme Richard.
Parmi quelques cas flagrants recensés auprès de services de placement dans tout le Québec, signalons celui d’un programme offert à Laval et conduisant au diplôme d’études collégiales en Conseil en assurance et services financiers. On recense seulement 6 diplômés au Collège Montmorency, alors que pourtant, ils ont reçu 10 offres d'emploi chacun en 2006.
Grands centres
Dans les grands centres urbains, la demande de main-d'œuvre provient surtout de secteurs qui bénéficient d'investissements massifs tels la construction, le commerce et le tourisme, ainsi que d'industries en croissance comme l'aéronautique (quasi exclusive au Grand Montréal), la pharmaceutique ou encore les technologies de l'information et des communications. Les établissements d'enseignement contactés dans le cadre de cette enquête signalent d'ailleurs d'excellentes perspectives pour les programmes de DEC en Avionique, en Technique de maintenance d'aéronefs, en Construction aéronautique, en Technologie de la mécanique du bâtiment, en Technologie de l'architecture, en Technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment et dans 22 programmes de diplôme d’études professionnelles (DEP) menant aux métiers de la construction.
Santé
Il va sans dire que partout au Québec, le secteur de la santé continue de recruter massivement afin de répondre aux besoins de la population vieillissante et de remplacer le personnel qui part à la retraite. Entre 2005 et 2010, environ 6 000 personnes devront être remplacées dans le réseau. La profession d'infirmière sera la plus touchée par les pénuries de personnel. En 2010, il en manquera près de 4 500.
Parmi la sélection des 150 formations gagnantes de Jobboom, plus de 30 programmes d'études sont justement liés au domaine de la santé.
«Le renouvellement de la main-d'œuvre dans le secteur de la santé et des services sociaux constitue un puissant défi pour le gouvernement du Québec», a déclaré Francine Gaudet, adjointe parlementaire de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne.
«Au cours des dernières années, nous avons multiplié les gestes concrets pour y faire face (…) Des efforts de promotion substantiels ont permis d'accroître, depuis quelques années, le nombre d'inscriptions dans plusieurs disciplines liées au secteur de la santé», a-t-elle enchaîné.
L’écart se creuse
«Lors de sa première publication, il y a 10 ans, Les carrières d'avenir cherchait à débusquer les formations peu connues où les perspectives d'emploi demeuraient bonnes, malgré une conjoncture économique difficile, indique Patricia Richard. Aujourd'hui, nous continuons de faire connaître des formations moins populaires, mais nous constatons que l'écart ne cesse de s'élargir entre les besoins des employeurs et les diplômés disponibles.»
La dénatalité et la vague de départs à la retraite des baby-boomers y sont pour beaucoup. Au Québec, la population des 15-24 ans a diminué d'environ 25 % depuis 20 ans et certains programmes d'études s'en ressentent.
Formation professionnelle et technique
Depuis ses débuts, la publication de Jobboom a toujours fait ressortir les perspectives trop souvent sous-estimées en formation professionnelle et technique, laisse entendre Mme Richard. L'édition 2007 ne fait pas exception, puisque sur 150 programmes d'études sélectionnés, on en compte 71 en formation professionnelle et 59 en formation technique. Une hausse de 10 à 15 % des inscriptions en formation professionnelle et technique pourrait permettre de répondre aux besoins du marché de l'emploi pour ces niveaux de compétence. En foi de quoi, il est important de faire connaître ces formations aux jeunes, mais aussi aux adultes qui voudraient améliorer leur situation d'emploi.
Mais pour l'heure, dans certains établissements, on ne parvient pas à offrir des programmes car le nombre d'inscriptions est insuffisant.
Des solutions
Des solutions sont en marche afin d'améliorer l'adéquation entre les besoins des employeurs et les diplômés disponibles, notamment une meilleure collaboration entre les employeurs et les établissements d'enseignement. «Lors de notre enquête, nous avons pu constater qu'une vingtaine de programmes d'études offraient un excellent taux de placement grâce à l'organisation de stages», fait valoir Patricia Richard.
Plus que le diplôme
La directrice générale des contenus aux Éditions Jobboom poursuit:«De nos observations, il ressort aussi que les seuls diplômes ne suffisent pas aux employeurs. Ceux-ci exigent également un certain savoir-être de la part des candidats». Ainsi, les diplômés de la formation professionnelle doivent généralement faire preuve de fiabilité, de ponctualité, en plus d'être débrouillards et autonomes. Ils doivent être en mesure de régler eux-mêmes certains problèmes, sans attendre l'aide de leur superviseur.
De la part des diplômés du collégial, on exigera généralement une bonne capacité à travailler en équipe et à communiquer ses idées clairement. On leur demandera aussi une bonne dose de rigueur, de jugement, de maturité et de polyvalence, car ils auront à remplir différents rôles, selon l'avancement des projets ou les besoins d'affaires de leur employeur. Les diplômés universitaires, quant à eux, devront exceller dans l'art de communiquer, surtout s'ils doivent susciter la confiance de clients dans des domaines
complexes comme le génie, la comptabilité ou l'architecture, ou de patients dans le domaine de la santé. Le jugement, le sens de l'organisation et l'esprit d'analyse sont aussi essentiels dans plusieurs domaines.
«S'il est vrai que les jeunes commencent à se faire rares sur le marché de l'emploi, ils ne doivent pas pour autant s'attendre à se faire offrir des emplois de façon systématique. Ils doivent être conscients que les employeurs ont des attentes précises en ce qui a trait à leur qualification et à leur savoir-être. D'où l'importance de bien se renseigner sur les possibilités en matière de formation spécialisée et de prendre le pouls du marché du travail», conclut Mme Richard. <@S2>(S.ST-A.)<@p>