Du Brésil au Québec avec Monica
Jusqu'à récemment, les Japonais la connaissaient plus que les Québécois ou les Brésiliens! Depuis qu'elle a peaufiné ce style tant recherché, récemment, entre électronique et acoustique, entre guitares et percussions, le nom de Monica Freire est devenu gage d'intégrité et de talent brut.
La chanteuse a remporté le Félix d'album de l'année au dernier Gala de l'ADISQ, catégorie Musique du monde. Avec son trio, elle poursuit sa tournée, entreprise après la parution de son album Bahiatronica. Poussant plus loin les sonorités électroniques développées ces dernières années, la musicienne renoue aujourd'hui avec ces airs de guitare qu'elle jouait dans les carnavals des rues du Brésil, du Salvador et des Antilles.
«C'est bien d'être proche d'une culture, d'avoir une référence. Il y a un retour plus profond à mes racines, bien qu'avec le métissage musical que je pratique, ma musique ne peut pas être rattachée à un style précis», annonce Monica Freire, qui travaille déjà à son prochain album, prévu pour l'automne 2007, après quelques allers-retours Québec-Brésil. Pendant son spectacle, tout en simplicité, Monica et sa bande n'hésitent pas à marier rythmes latins et arts visuels multimédias.
Air de Bahia
C'est dans la région de Bahia, le nord-est du Brésil où est née Monica Freire, que tous les bateaux d'esclaves faisaient escale lors de la colonisation. Le gros de la population est d'origine africaine. Or qui dit Afrique, dit tambours et percussions.
Puis des voix et des guitares partout, des parents qui chantent dans les chorales, des albums de chanteurs aux propos engagés socialement (Caetano Veloso, Gilberto Gil) qu'elle apprend par coeur, une mère qu'elle admire, cette femme qui dirige une école publique en milieu très défavorisé, Monica Freire est arrivée à Montréal avec tout ce bagage.
«On ne réalise pas à quel point cette paix sociale est précieuse. Ici, je ne suis étouffée par aucun mode de vie. Ç'a influencé ma musique. Tout ça ne se ferait pas sans les gens», de conclure la grande voyageuse.
Monica Freire et ses musiciens, Dan Gigon et Max Sanssalone, seront au Théâtre des Muses de la Maison des arts de Laval, demain soir, jeudi 8 février, 20h. Information: 450 667-2040. (B.L.)
(Photo: Martin Alarie)