Cet homme utilise le nom de Gérard Charlebois, mais affirme ne pas connaître sa véritable identité.
(Photo: Maya)
«Je me suis fait martyriser toute mon enfance»
Plusieurs orphelins de Duplessis acceptent mal les modalités du Programme de réconciliation
Si les orphelins de Duplessis ont été nombreux à démontrer de l'intérêt pour les cinq séances publiques d'information sur le Programme de réconciliation, force est toutefois d'admettre que plusieurs d'entre eux étaient en désaccord avec le montant qui leur est accordé.
Tout au long de la séance d'information présidée par les représentants du secrétariat du Programme de réconciliation, on sentait, au sein de l'audience, encore beaucoup de frustration face aux événements survenus sous le gouvernement de Maurice Duplessis.
«Comment justifiez-vous ça, 15 000 $ pour se faire martyriser pendant toute son enfance?», a demandé un vieil homme à l'arrière de la salle.
Originaire de Mascouche, Gérard Charlebois a été envoyé à l'Institut Saint-Jean-Baptiste du Lac-Sergent à l'âge de cinq ans. Aujourd'hui, il voit mal comment les 15 000 $ qu'il recevra pourront l'aider à oublier les cauchemars qu'il a vécus.
«J'ai été mutilé pendant toute mon enfance, à un point tel que c'était presque devenu normal pour moi, se rappelle-t-il. Aujourd'hui, je ne connais même pas mon identité. On m'appelle Gérard, mais je n'ai aucune idée de quel est mon vrai nom. Je ne suis personne. Ils me donnent de l'argent pour éviter que je les poursuive.»
D'autres orphelins de Duplessis craignent quant à eux de n'avoir tout simplement pas droit à l'indemnité offerte par Québec.
«Je me questionne sur le choix des institutions, lance Denis Jubinville. J'ai fréquenté un endroit qui ne se trouve pas sur la liste, mais j'ai tout de même été violé et agressé physiquement. Qu'adviendra-t-il de moi maintenant?»
Quittance
L'un des points les plus litigieux du débat est sans contredit le renoncement à tout recours au civil que doivent signer les personnes admissibles.
Au Comité des enfants victimes d'abus (CEVA), on croit que les orphelins de Duplessis devraient avoir libre choix de signer ou non cette quittance.
«Nous considérons qu'ils devraient au moins prendre connaissance à l'avance du document qu'ils ont à signer, estime Lucien Landry, secrétaire du CEVA, qui a lui même fréquenté l'institution du mont Providence pendant 11 ans. On se questionne sur plusieurs aspects du programme, surtout sur le montant qui est accordé.»
(Photo: Maya)