Jean Charest
(Photo: Maya)
Le viaduc de la Concorde au cœur du débat des chefs
Le débat de mardi soir a offert aux Québécois des échanges musclés entre les leaders des trois principaux partis provinciaux, particulièrement lorsque Mario Dumont a abordé la question du viaduc de la Concorde.
C'est que le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) a sorti de son chapeau un rapport de Transports Québec datant de 2004 et suggérant au gouvernement du Québec d'appliquer une surveillance particulière au viaduc de la Concorde.
François Gaudreau, candidat de l'ADQ dans Vimont, considère l'acte de son chef comme l'un des points tournants du débat.
«Au départ, je me suis demandé où il s'en allait avec ce dossier, mais j'ai vite réalisé que c'était pour démontrer le manque de transparence des libéraux, raconte-t-il. Jean Charest a semblé déstabilisé par ce document, autant que Bernard Landry l'avait été au débat de 2003 après que Charest eut dénoncé des déclarations de Jacques Parizeau sur la souveraineté. Comment se peut-il que les libéraux n'aient pas mis le viaduc sous haute surveillance? Il n'a visiblement pas pris ses responsabilités.»
«C'est un manque total de respect envers les familles des victimes, lance Michelle Courchesne, ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et députée sortante de Fabre. En 35 ans de carrière, c'est la première fois que je vois quelqu'un se servir d'une tragédie à des fins électorales. On voit maintenant quel genre d'homme est Mario Dumont.»
Guy Lachapelle, candidat du Parti québécois (PQ) dans Fabre, estime lui aussi que le geste de Mario Dumont était déplacé.
«Ce n'est pas dans le cadre d'un débat que ce genre d'information doit sortir, affirme-t-il. Il aurait été davantage pertinent de dénoncer le retardement du rapport de la commission Johnson par les libéraux. Ça, c'est un vrai manque de transparence.»
Fier de mon chef
Un autre point sur lequel Guy Lachapelle, François Gaudreau et Michelle Courchesne ne s'entendent pas est évidemment la performance de leur chef respectif.
«Les gens commencent enfin à connaître le vrai André Boisclair, lance M. Lachapelle. Il a marqué beaucoup de points hier. Je crois qu'il a atteint son objectif de rassembler les souverainistes. Charest a prouvé son statu quo, et Dumont a bien démontré qu'il n'était pas prêt à gouverner un pays, alors qu'il ne connaissait même pas la marge de manœuvre du Québec.»
«Mario Dumont connaît très bien le dossier, rétorque François Gaudreau. Il aurait répondu si Boisclair lui en avait laissé la chance. Il a passé son temps à lui couper la parole. Mon chef a su prouver que notre programme est de loin le plus terre à terre.»
«Jean Charest a réussi à démontrer l'importance d'un deuxième mandat libéral, estime quant à elle Mme Courchesne. Il est clair qu'il est le seul à bien maîtriser les enjeux de la province. Mario Dumont veut diriger le Québec sans connaître les finances publiques. Quant à André Boisclair, je reconnais qu'il était bien préparé au débat, mais encore une fois, le seul message qu'il avait à livrer était celui d'un référendum.
Lors d'une conférence de presse tenue hier à Laval, le chef du Parti vert du Québec, Scott McKay, a mentionné les thèmes absents du débat, soit le filet social, ;a lutte contre la pauvreté et l'exclusion. «Il est évident que l'absence des Verts et de Québec solidaire au débat d'hier a fait en sorte que de très grands pans des préoccupations des Québécoises et des Québécois n'ont pas été abordés», a-t-il déclaré.
(Photo: Maya)
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(Photo: Martin Alarie)