Kyoto pour les nuls
Le Protocole de Kyoto est le plus important instrument visant à lutter contre les changements climatiques. On y fait souvent référence mais le connaît-on vraiment? Un rappel de ses principales caractéristiques.
Quoi
Le Protocole de Kyoto vise à lutter contre les changements climatiques en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) , considérées comme leur cause principale.
Quand
Cet accord international est né à Kyoto, en décembre 1997, lors de la Troisième conférence des Parties à la Convention-cadre sur les changements climatiques. Il est entré en vigueur le 16 février 2005, dès lors que l'on a atteint le nombre minimum requis de 55 pays, qui représentent au moins 55 % des émissions totales de dioxyde de carbone en 1990.
Qui
À ce jour, 156 pays, dont le Canada, sur 192 pays indépendants, ont ratifié, accepté, accédé ou approuvé le protocole. Les États-Unis l'ont signé mais ne l'ont pas encore ratifié. Une trentaine de pays ne l'ont ni signé ni ratifié.
Combien
Les pays signataires se sont engagés à réduire collectivement leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2 % entre 2008 et 2012 par rapport à ce qu'elles étaient en 1990. Les États-Unis doivent réduire leurs émissions de 7 %, le Canada de 6 %, et l'Union européenne de 8 %. La Chine, deuxième pollueur du monde, obtient une exemption.
Comment
- Les permis d'émission, que certains appellent aussi « permis de polluer », permettent de vendre ou d'acheter des droits à émettre des gaz à effet de serre entre pays industrialisés;
- La mise en œuvre conjointe (MOC) permet, entre pays développés, de procéder à des investissements visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en dehors de leur territoire national et de bénéficier des crédits d'émission générés par les réductions ainsi obtenues;
- Le mécanisme de développement propre (MDP) est proche du dispositif précédent, à la différence que les investissements sont effectués par un pays développé, dans un pays en développement.
GES
Le terme gaz à effet de serre désigne les gaz (tel le dioxyde de carbone) qui sont surtout formés à la suite du brûlage des combustibles fossiles, comme le charbon, l'essence et le gazole. Des scientifiques prévoient que la hausse des niveaux de gaz à effet de serre entraînera un fort réchauffement de la Terre d'environ un à cinq degrés Celsius.
Changements climatiques
On entend par changements climatiques des changements tant naturels que d'origine humaine échelonnés sur une période allant de quelques décennies à plusieurs siècles.
L'effet de serre
Il est produit par des gaz qu'on retrouve en infime quantité dans l'atmosphère et qui emprisonnent la chaleur des rayons solaires. Il en résulte un réchauffement de la température, tout comme dans une serre, où le verre qui laisse passer les rayons du soleil retient la chaleur.
Six gaz responsables de l'augmentation de l'effet de serre et donc du réchauffement accéléré de la planète sont identifiés par le Protocole de Kyoto. Les plus connus sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l'oxyde nitreux (N2O). Les autres gaz identifiés sont les hydrochlorofluorocarbones (HCFC), qui ont remplacé les chlorofluorocarbones (CFC), tel que le fréon, bannis dans les années 1980.
Et nous ?
- Les émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de 26,6 % entre 1990 et 2004.
- Le Canada est le plus grand consommateur d'énergie par habitant au monde et le deuxième producteur mondial de GES par habitant.
- En 1995, les 29 millions de Canadiens qui représentaient 0,5 % de la population mondiale produisaient 2 % des émissions mondiales de GES et consommaient autant d'énergie que tous les Africains, environ 800 millions de personnes.
- Entre 1990 et 2004, le Québec a affiché la plus faible augmentation de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), comparativement à des augmentations de 39,4 % pour l'Alberta, de 46,9 % pour le Nouveau-Brunswick et de 61,7 % pour la Saskatchewan , durant la même période.
Comment cela peut nous affecter?
- Le nombre des décès attribuables à la chaleur pourrait augmenter en raison de l'élévation des températures estivales.
- Les changements de température et de précipitations pourraient aider certains insectes porteurs de maladies à survivre et à propager plusieurs types d'affections, comme la malaria.
- La baisse du niveau de l’eau du fleuve et des Grands Lacs (ainsi que des eaux souterraines et des eaux de surface) réduira la capacité du transport maritime et la qualité de l’eau.
- Il y aura diminution des populations de poissons d’eau douce (truites, corégones, etc.) en raison de la baisse des niveaux d’eau dans les lacs et les cours d’eau.
-La faune sauvage arctique (caribous, oiseaux, loups, etc.) sera perturbée en raison de la perte de lieux de reproduction et de zones fourragères.
Que font nos gouvernements ?
Le gouvernement canadien a adopté une première série de mesures pour réduire les GES. Ce plan d'un milliard de dollars prévoit réduire les GES de 20 mégatonnes, soit un peu moins du dixième de l’objectif fixé par le protocole de Kyoto (240 mégatonnes). Ces sommes serviront à développer l'hydrogène comme combustible, à augmenter la production d'éthanol et à mettre au point des technologies à base de combustibles fossiles plus propres. Elles aideront les entreprises à réduire leurs émissions et les propriétaires de maison à rendre leur résidence plus efficace sur le plan énergétique.
Le gouvernement du Québec a adopté un plan d'action 2006-2012 qui vise l’atténuation des émissions de GES et l’adaptation aux changements climatiques. Au cours des six prochaines années, le Québec prévoit des réductions de 10 mégatonnes de CO2, ce qui ramènera le niveau d’émissions de GES à 84 Mt en 2012, soit 1,5 % sous le niveau de 1990.
Ce que l'on peut faire
- Laisser la voiture à la maison une journée par semaine et utiliser les transports en commun ou un autre mode de transport actif.
- Respecter les limites de vitesse. Une voiture qui roule à 120 km/h sur l’autoroute dépense jusqu’à 10 à 20 % plus d’essence que si elle respecte la limite de 100 km/h.
- Faire inspecter régulièrement le système antipollution de son véhicule.
- Ne pas laisser tourner le moteur de son véhicule inutilement.
- Changer les vieilles fenêtres de son domicile.
- Remplacer ses appareils électroménagers par des modèles plus écoénergétiques.
- Choisir une pomme de douche à débit réduit.
- Utiliser des ampoules fluocompactes qui consomment peu d’énergie.
En collaboration avec Équiterre
www.equiterre.org)
Pour en savoir plus :