Stefano Domenicali, Michael Schumacher et Gino Rosato célèbrent une des nombreuses victoires du pilote allemand en Formule 1. (Photo: courtoisie Ferrari)
«Les deux Michel me manquent»
Gino Rosato a amorcé la saison de Formule 1 avec un double deuil
Le Québécois le plus populaire depuis Gilles Villeneuve chez Ferrari, Gino Rosato, a avoué qu’il ressentait un grand vide depuis le décès de son père Michel, le 22 février dernier, et depuis le départ à la retraite du septuple champion du monde, Michael Schumacher.
«Les deux Michel me manquent. C’est comme si je vivais un double deuil. J’ai vécu des hauts et des bas en février et en mars», confie-t-il dans un entretien téléphonique accordé au Courrier Laval de son domicile de Maranello en Italie. «Ça fait mal de perdre son père. C’est difficile à expliquer», ajoute, la gorge serrée, le patron de la logistique et de la sécurité chez Ferrari.
Au fil des 15 dernières années, son travail l’a tenu éloigné de son domicile familial de Duvernay et de son père Michel, atteint du cancer pendant de longues années. «C’est certain qu’on se sent coupable de ne pas avoir été aussi présent. Même si j’aurais été à ses côtés jour et nuit, ça n’aurait rien changé. Le fait que je travaille pour Ferrari le rendait tellement fier de moi», soutient Rosato. «Une des seules émotions que l’on pouvait lire sur son visage vers la fin, c’était quand il regardait les courses, qu’il me voyait à côté de Schumacher et qu’il entendait l’hymne national italien. Je n’oublierai jamais tout l’amour que ça pouvait lui procurer», ajoute-t-il.
L’homme de confiance de Jean Todt a tenu à remercier le personnel du CLSC des Mille-Îles. «Ils ont accompli un travail colossal avec mon père. C’est dans ce temps-là, que ça ne me fait rien de payer des taxes. Mon père ne marchait plus. Il n’avait plus de qualité de vie. Il ne lui restait que sa tête et ses yeux. Je tiens aussi à remercier mes amis de l’aréna de Rosemère. J’ai pu aller me défouler sur la glace en jouant au hockey et tenter de penser à autre chose», poursuit celui qui a séjourné quelques semaines à Laval lors du décès de son paternel.
Rosato a passé les dix dernières années aux côtés de Schumi. Il vit depuis une décennie un véritable conte de fées. «J’ai connu tellement de succès avec Michael. C’est à travers lui que j’ai pu vivre mes rêves. J’ai encore beaucoup de chose à vivre», admet-il. «J’aurais aimé qu’il poursuive encore une autre année. On espérait tous qu’il change d’idée», ajoute-t-il.
Son plus beau souvenir avec Schumi demeure le premier championnat du monde du pilote allemand en 1999. «J’en ai pleuré un coup. Ce fut un jour magique quand Michael a gagné.»
Kimi Raikkonen a poursuivi la tradition d’excellence de Ferrari en remportant le Grand Prix d’Australie, le 18 mars dernier, à Melbourne. Dès le premier Grand Prix, Ferrari a pris la pôle. «Je savais que mon père ne pouvait pas me voir à la télévision après la victoire. J’ai ressenti un gros vide. Cette victoire de Kimi a mis un baume sur mes plaies», termine-t-il.