Comprendre l'inconcevable
Audiences publiques sur l'effondrement du viaduc de la Concorde
Déterminer les circonstances et les causes d'un événement improbable. L'entreprise est colossale, à l'image du bloc de béton qui s'est affaissé le 30 septembre 2006, tuant cinq personnes et en blessant six. Les audiences publiques amorcées cette semaine se poursuivront jusqu'en juillet.
La Commission, présidée par l'ancien premier ministre Pierre Marc Johnson, entendra la preuve au cours des prochains mois, cette semaine à Laval, puis à Montréal, où la plupart des témoins résident.
Les témoins oculaires présents dans les heures et les minutes qui ont immédiatement précédé et suivi l'effondrement figurent en priorité dans l'ordre du jour. C'est avec eux que le bal des témoignages s'est ouvert lundi.
Le lapin de Dumont
Les commissaires entendront ensuite les représentants de la Sûreté du Québec, responsables du site après l'effondrement du pont d'étagement. Suivront une série de témoignages reliés à la conception, la réalisation et la vie de l'ouvrage. Les questions des systèmes d'inspection, de signalement et d'intervention visant à assurer la sécurité du public seront également abordées.
«Il va sans dire qu'une attention toute particulière sera portée aux documents auxquels M. Dumont a fait référence durant le débat télédiffusé des trois chefs et qui avaient d'ailleurs été remis à la Commission dès les premiers jours de l'enquête», a précisé Me Michel Décary, procureur-chef de la Commission, lors de l'ouverture des audiences, mardi.
De nombreux experts seront enfin entendus, au sujet des normes en vigueur à l'époque de la conception du viaduc et la conformité des travaux de construction par rapport aux plans et devis, entre autres. Certains experts ont par ailleurs été mandatés pour réaliser des simulations ― virtuelles et sur une réplique à échelle réduite ― de l'effondrement.
Les plaidoiries des procureurs mettront un terme aux audiences, vers la mi-juillet. Le rapport final de la Commission est attendu le 15 octobre 2007. «Parallèlement aux audiences, [la Commission effectue des] recherches sur ce qui se fait ailleurs dans le domaine de l'aménagement et de l'entretien des structures, pour peut-être importer et servir de recommandation au gouvernement», mentionne André Sormany, porte-parole de la Commission d'enquête.
«Un des objectifs, c'est d'empêcher que ça arrive encore. Un autre objectif, c'est qu'à l'avenir, les gens qui vont passer sous ou dessous un viaduc ne se rentrent pas la tête dans les épaules en se disant: Est-ce que ça va tomber?»