Dans les secteurs où la collecte des matières organiques est testée, on atteint la cible du 60% de récupération. Ces résidus sont acheminés au centre de compostage de Laval, boulevard Dagenais (notre photo).
(Photo courtoisie)
Toronto coiffe la région montréalaise à l'épreuve du compostage
En 2004, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) récupérait 19% de l'ensemble de ses matières résiduelles. L'an passé, Toronto détournait 42% des siennes du site d'enfouissement. Pour rattraper la Ville Reine, il faudra se mettre plus sérieusement au compostage.
En 2006, la CMM ― dont fait partie Laval ― n'aurait récupéré que 3% de plus, selon les projections avancées par l'organisme, qui travaille actuellement à colliger les données des deux années précédentes.
La recette de Toronto? Offrir, de façon extensive, la collecte hebdomadaire des matières organiques (résidus de table et de jardin) à ses résidents. La municipalité torontoise parvenait ainsi à transformer en compost 61,8% des matières putrescibles produites dans ses unifamiliales, en 2005. Seulement 8% de ce type de résidus prenaient le chemin du bac à compost en 2004, dans la région de Montréal (8% pour Laval, 10% pour Montréal et 5% pour Longueuil).
30% des déchets
Mis sur pied en 2002, le service de collecte torontois est offert à toutes les unités unifamiliales, à certains immeubles à logement et aux petites entreprises. «Étant donné que les matières organiques sont à la source de 30% de nos déchets domestiques, cela nous a permis de beaucoup augmenter notre taux de récupération», note Pat Barrett, responsable des communications à l'hôtel de ville de Toronto. Le prochain défi: étendre le service à toutes les unités résidentielles, à plus de commerces et à certaines institutions comme les écoles.
La plupart des autres mesures torontoises ― le bac bleu pour les matières recyclables, le programme de collecte des feuilles mortes, des électroménagers et des métaux ― sont des mesures similaires à celles prises chez nous. L'objectif de la ville ontarienne: récupérer 70% de ses matières résiduelles en 2010.
Pas le choix
«Le manque d'espace pour enfouir les déchets a amené la ville de Toronto à envisager avec plus de sérieux la question de la gestion des déchets», affirme Geoff Rathbone, directeur du service de gestion des déchets solides à la ville de Toronto.
L'annonce récente d'une entente à venir pour l'achat d'un site d'enfouissement des déchets à Southwold Township, à 200 km au sud-ouest de son centre-ville, est une bonne nouvelle pour Toronto.
La Ville Reine a rien de moins qu'une épée de Damoclès au-dessus de la tête. L'entente signée, il y a quelques années, entre la municipalité et un site d'enfouissement du Michigan, est menacée par l'adoption possible de lois américaines qui pourraient limiter et même bannir prochainement l'importation de déchets venant du Canada.
Projet-pilote lavallois
Selon Robert Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, l'absence de collecte des matières organiques est le premier facteur qui retarde la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) dans l'atteinte de la cible de 60% de récupération d'ici 2008, fixée par la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles. «Ça représente de 30 à 40% du sac de poubelle», évalue-t-il.
André Boileau, président de la Commission de l'environnement de la CMM et également membre de l'exécutif de Ville de Laval, souligne l'initiative de sa municipalité, qui a mis en œuvre un programme-pilote de collecte des matières putrescibles en 1997. Six-mille ménages sont aujourd'hui desservis. Dans les districts participants, on atteint la cible du 60%, assure M. Boileau.
Le compostage des déchets organiques et le renforcement du recyclage figurent au tableau des priorités à la CMM, affirme André Boileau. Mais avant de faire des choix sur le plan des interventions, dit-il, les municipalités de la région doivent être au fait des nouvelles technologies à leur disposition, en matière de gestion des déchets. À cet effet, elles pourront se référer à une étude commandée par la CMM, attendue pour l'été prochain.
(Photo: Compost Laval)
(Photo courtoisie)