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Courir les boisés

Randonnée 1: bois de Duvernay

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 2 juin 2008 à 18:20
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Courir les boisés
Entre les bosquets de nerpruns, un muret délimite deux anciens lots de la zone agricole. (Photo: CRE Laval) (Photo: duvernay tilleul géant)
Courir les boisés
Randonnée 1: bois de Duvernay
Dix kilomètres de randonnée; six décors distincts. La particularité du boisé Duvernay tient à cette alternance entre les écosystèmes forestiers, conclut l'un des guides, à la fin de la balade. Une diversité qu'on retrouve dans la plupart des boisés et espaces verts de Laval. Une belle entrée en matière, accessible en ski seulement.
Au milieu des années 1970, un groupe de fadas du ski de randonnée a découvert cette enfilade de boisés enclavés dans la zone agricole, à l'angle du boulevard Saint-Elzéar et de la route 335. Grâce à des ententes avec les agriculteurs du voisinage, ce coin de nature est accessible au public, en hiver seulement, depuis maintenant 31 ans.
Connectivité, diversité
En ce lundi radieux de fin février, pas question de réaliser une performance olympique, mais bien d'apprécier la valeur écologique du chapelet de boisés enfilé sur les 28 km de pistes de ski qui s'étalent sur la carte.
Richard Pelletier pointe la pièce maîtresse de l'itinéraire: un écosystème forestier exceptionnel (EFE), répertorié comme tel par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, dans la partie est. Avant d'y parvenir, le sentier s'attarde dans une boucle au cœur d'une forêt mature, à l'ouest.

La piste commune, plate et rectiligne, mène à cette première enclave. En différents tableaux, la nature se dévoile d'abord pudiquement, n'étale que de jeunes peuplements d'arbres, comme des canapés servis avant le repas principal.

Devinant peut-être la hâte de la journaliste à passer au plat de résistance, le directeur du CRE Laval souligne, entre deux «pas de patin», que ces petits boisés s'inscrivent dans un tout. «Oui, on veut sauver des gros boisés, mais on privilégie aussi la connectivité et la diversité des milieux, explique Guy Garand. C'est important pour les activités humaines, autant que pour la faune».

À droite, le paysage s'éclaircit: on devine les hautes herbes qui pousseront là dans quelques mois. Un paradis pour les rongeurs; un garde-manger idéal pour les oiseaux rapaces. «Une friche, c'est aussi une forêt en devenir», fait remarquer Richard Pelletier.
Refuge d'hiver
Assez brusquement cependant, les essences s'ennoblissent. «Ça, c'est de l'érable rouge», dit M. Garand, en pointant son bâton vers les bourgeons écarlates à l'extrémité des branches. Les deux guides débusquent frênes et ostryers matures, avant de stopper devant une petite prucheraie, qui fait une tache sombre dans un espace dominé par les feuillus dénudés.
Ce petit sanctuaire de conifères, plus dense, est un refuge pour la faune. «La gelinotte, le hibou et les oiseaux d'hiver en général viennent ici quand il fait froid», mentionne le biologiste. «C'est un bel endroit pour le chevreuil», ajoute le directeur.

La boucle qui suivra conduira les skieurs d'un décor à l'autre, où boisés jeunes et vieux alterneront régulièrement. «Ça témoigne de l'histoire du boisé», façonnée par une coupe sélective effectuée par les agriculteurs, résume Richard Pelletier, à l'issue du boisé.
L'enchantement
Un pic mineur nous attend à la mangeoire du refuge, dernière halte avant le pur enchantement. Dès l'entrée de la forêt tant attendue, les randonneurs sont enveloppés dans la trame dense et silencieuse des arbustes épineux. Sur quelques centaines de mètres, les silhouettes sombres des nerpruns s'entrelacent comme des amants inséparables.
Peu à peu, noyers, ostryers et caryers cordiformes s'immiscent dans cette peuplade intime. L'orme liège, «susceptible d'être désigné vulnérable», précise Richard Pelletier, surgit aussi ça et là. Il est 16h05. Nous n'aurons pas le temps de pousser plus loin. À quelques jets de pierre du stationnement, un pont, un petit ruisseau. Glissant nonchalamment entre deux talus de neige et de glace, un colvert achève de séduire les promeneurs qui rentrent au bercail.

(photo: Duvernay mur pierre)

(Photo: CRE Laval)

(Photo: duvernay tilleul géant)

(Photo: CRE Laval)
> Bois Duvernay
170,59 ha

Zone agricole

Au nord: lignes d'Hydro-Québec

À l'est: Montée Saint-François

Au sud: lignes d'Hydro-Québec

À l'ouest: emprise de l'autoroute 19

Accessible en hiver seulement

Départ des pistes: 2830, boulevard Saint-Elzéar Est, Vimont

www.coureursdesboises.org
Le Courrier Laval présentait, au printemps 2007, une série de six reportages sur les milieux naturels d'intérêt de Laval. Les visites effectuées sur le terrain étaient guidées par Guy Garand, directeur du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval et Richard Pelletier, biologiste de cet organisme. Le botaniste Laurent Bisson, de FloraQuébéca, accompagnait également le groupe.

Cette série de texte a valu à la journaliste Nathalie Villeneuve le premier prix, catégorie Environnement, ainsi que le prix Yves-Gagnon (meilleur texte journalistique de l'année) à la soirée gala des Grands prix des Hebdos, qui se tenait à Montréal le 31 mai.

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