Romano Ramacieri n’est pas au bout de ses peines
La Commission de la protection du territoire agricole refuserait sa demande
Le propriétaire de L’Entrepôt du Nord qui se spécialise dans l’entreposage et la distribution de viandes congelées dans l’Est de l’île Jésus devra sans doute faire son deuil du projet d’expansion de 10 M$ qu’il prévoyait réaliser sur le terrain contigu de son emplacement actuel situé au nord-ouest des ruisseaux Gascon et Valiquette et du boulevard Sainte-Marie.
Non pas un, mais deux obstacles de taille s’érigent sur son passage, lesquels sont susceptible de faire avorter son ambitieux projet d’agrandissement totalisant un investissement de 10 millions de dollars.
Entraves majeures
S’il n’a eu aucun mal à convaincre du bien-fondé de sa requête les autorités municipales et le Syndicat de base des producteurs agricoles lavallois, l’entrepreneur Romano Ramacieri aura fort à faire pour rallier à sa cause les citoyens du voisinage qui ne veulent rien entendre de sacrifier la zone agricole permanente aux fins d’activités commerciales et industrielles (voir autre texte).
L’homme d’affaires n’est pas au bout de ses peines, puisque parallèlement il devra amener les commissaires de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec à reconsidérer leurs positions.
CPTAQ en défaveur
Dans un avis préliminaire émis le 15 février dont le Courrier Laval a obtenu copie, la CPTAQ considère, à la lumière des présentations qui lui ont été adressées, que la demande de l’Entrepôt du Nord devrait être refusée.
La commission justifie sa prise de position par l’importance de «préserver la ressource sol et de maintenir au maximum les conditions favorables au développement de l’agriculture».
Toujours selon l’orientation préliminaire, les commissaires estiment qu’«il n’y a pas lieu de consolider davantage un usage industriel et commercial dans ce milieu agricole actif et dynamique». On craint également un possible effet d’entraînement pour des demandes similaires dans le secteur. D’ailleurs, reprennent les commissaires dans leur rapport préliminaire, «s’il est un milieu où une progression à «petits pas» au détriment de la protection du territoire et des activités agricoles ne doit pas être encouragée, c’est bien celui-là».
Le lot visé par cette demande d’autorisation d’utiliser à une autre fin que l’agriculture cet espace de 2,7 hectares est dépeint comme un «milieu agricole homogène caractérisé par les grandes cultures, les cultures fourragères et horticoles». On note également la présence de massifs forestiers d’importance variable localisés principalement à l’ouest du boulevard Sainte-Marie et au nord des ruisseaux Gascon et Valiquette.
Bref, «ce milieu bénéficie d’un potentiel agricole des sols élevé, soit majoritairement de classe 2 et 3 selon les données de l’inventaire des terres du Canada», indique-t-on dans le rapport de la CPTAQ.
Réplique du promoteur
Dans un document produit devant la Commission, le demandeur Romano Ramacieri répond aux objections avancées.
Il prétend que «la portion visée par sa demande ne présente pas de perspectives pour l’agriculture ou la sylviculture, en raison notamment de sa faible superficie, de sa localisation par rapport aux installations existantes, des conditions d’accès qui prévalent et de la disproportion entre les coûts d’une mise en valeur agricole et les revenus pouvant y être associés». Quant aux craintes exprimées par la commission en matière d’effet d’entraînement et d’une possible progression à «petits pas», il soutient qu’elles ne sont pas fondées pour la simple et bonne raison qu’une autorisation pour le projet à l’étude aurait pour effet de clore définitivement le développement commercial et industriel à cet endroit. «L’expansion des activités commerciales/industrielles au-delà de l’aire visée, ne peut être envisagée, en raison de la réglementation municipale». Romano Ramacieri en rajoute:«Le lot visé n’a été l’objet par le passé d’aucun usage agricole ou sylvicole, et il ne bénéficie pas des conditions permettant d’envisager un tel usage».
En conclusion, il souligne que «les conséquences économiques d’un refus sont démesurées par rapport aux bénéfices agricoles potentiels liés au statu quo». Selon lui, une relocalisation des opérations représenterait un coût additionnel de 8,5 M$ qui fragiliserait la structure financière et remettrait en cause la compétitivité et la rentabilité de l’entreprise.