Mme Claude Locas a clos les audiences publiques sur une note poétique en citant un vieux proverbe indien.
(Photo: Martin Alarie)
La Commission sur l’avenir de l’agriculture boudée par les Lavallois
Une citoyenne rend un vibrant hommage aux cultivateurs
Le passage de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois dans la région, mardi, n’a pas suscité un grand intérêt auprès de la population lavalloise et de ses quelque 200 producteurs agricoles.
Au plus fort de chacune des séances tenues en après-midi et en soirée dans une salle du Château Royal, c’est tout juste si on comptait une trentaine de citoyens présents à ces audiences publiques, incluant ceux et celles qui exposaient leur mémoire, leur conjoint(e), collègues, amis et supporteurs. Au total de la journée, les commissaires ont entendu 13 présentations dont tout près de la moitié était le fruit de la réflexion de citoyens habitant à l’extérieur de la région. En comparaison, la présence régionale de la commission en Montérégie s’est déroulée sur quatre jours, durant lesquels 64 présentations ont été entendues.
Bref, c’est dans l’indifférence la plus totale que la commission provinciale s’est arrêtée en sol lavallois, une région qui consacre pourtant 30 % de son territoire à la zone agricole permanente.
Proverbe indien
Reste que les audiences se sont terminées sur une intervention bien sentie d’une citoyenne qui a livré un vibrant témoignage à ces femmes et ces hommes qui cultivent la terre, un métier noble auquel ils se dévouent sans répit, sept jours sur sept. Le cri du cœur de Mme Claude Locas fut salué par la commissaire Pascale Tremblay en ces mots: «Il est justement ressorti de nos audiences ce manque de reconnaissance envers les agriculteurs qui disent en souffrir beaucoup.»
La psychosociologue Claude Locas renchérissait aussitôt, en déclamant un vieux proverbe indien qui allait clôturer sur une note poétique cette 14e journée d’audience de la grande tournée régionale qui se terminera le 13 août prochain. «Lorsque l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d'eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l'argent n'est pas comestible.» Un texte qui traduisait parfaitement les sentiments de cette Lavalloise d’origine qui venait à peine d’exprimer son indignation face à toutes ces «belles terres» qu’elle a vu disparaître au cours des 40 dernières années…
(Photo: Martin Alarie)