Le maire Gilles Vaillancourt flanqué à sa droite du président de la Table de concertation agroalimentaire de Laval, Gilles Lacroix. (Photo: Martin Alarie)
Plus inquiétante que la spéculation foncière: la conversion du maïs à l'éthanol
Le maire Vaillancourt met en garde la Commission sur l’avenir de l’agriculture
La spéculation foncière qui fait que des terrains se vendent jusqu’à dix fois la valeur d’une terre agricole est nettement moins menaçante que la conversion du maïs à l’éthanol.
Telle est l’observation que le maire Gilles Vaillancourt soulevait, mardi dernier, lors de la commission itinérante qui se penche sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois. À plus forte raison lorsque la spéculation à laquelle se livrent les promoteurs immobiliers ne se matérialise pas, ce qui est le cas dans la municipalité régionale de comté de Laval affirme son préfet.
«L’utilisation du sol pour produire du carburant alternatif est de loin plus pernicieuse pour l’avenir de l’industrie», a indiqué M. Vaillancourt, exhortant la commission à pousser leur réflexion sur la chose. Cette tendance lourde créée une pression beaucoup plus grande que la spéculation, insiste-t-il, alors que tout un pan de l’agriculture risque d’être détournée de la chaîne alimentaire.
Productive
Accompagné de Gilles Lacroix et de Nancy Guay, respectivement président et directrice générale de la Table de concertation agroalimentaire de Laval, le maire Vaillancourt a dressé un portrait enviable de la situation lavalloise.
Une situation qui ferait même l’envie du président de l’Union des producteurs agricoles du Québec. «Selon Laurent Pellerin qui siège également au comité consultatif de développement économique de Longueuil, notre production agricole est dix fois supérieure à la valeur produite dans la grande municipalité de la rive-sud, dont la taille du territoire agricole est comparable», a mentionné au passage Gilles Vaillancourt.
Remembrement des terres
Dans son mémoire, la Ville de Laval reconnaît que la zone agricole permanente lavalloise présente une problématique de morcellement foncier et de sous-utilisation agricole sur près de 12 % de son territoire.
Une conséquence directe découlant de la spéculation foncière qui se manifeste plus particulièrement dans les milieux agricoles périurbains. Afin de contrer le phénomène, la municipalité a mis sur pied l’organisme AGRIL investi du mandat de favoriser le remembrement et la remise en culture des lots morcelés et inexploités dans la zone agricole permanente. La mise en application en 1997 d’une surtaxe de 100 $ sur des terrains non exploités de moins de 3 300 mètres carrés a permis au cours des dix dernières années de récupérer 2 815 des 6 222 lots en friche. «Depuis 2007, la surtaxe a non seulement été majorée à 200 $, mais on l’a été étendue à tous les terrains d’une superficie de 6 000 mètres carrés et moins, ce qui représente 92 % de l’ensemble des lots identifiés en zone verte», signale le maire et président de la Conférence régionale des élus de Laval qui estime les recettes à 500 000 $ en 2007.
Toutefois, il soutient que les surtaxes imposées sont insuffisantes pour poursuivre l’opération remembrement des terres inexploitées et c’est pourquoi il recommande l’instauration d’un fonds national dédié à supporter les efforts municipaux en ce sens.