Sous le regard amusé de la ministre des Transports Julie Boulet, Louis Chapdeleine représentant le consortium Concession A25 S.E.C. appose sa signature sur l'Entente de partenariat public-privé conclu avec le gouvernement du Québec dans le cadre du parachèvement de l'autoroute 25.
(Photo: Martin Alarie)
On roulera sur le pont en 2011
Parachèvement de l'autoroute 25
La fameuse entente attestant du premier Partenariat public privé (PPP) pour un projet d'infrastructure routière au Québec est aujourd'hui ratifiée.
L'annonce officielle a eu lieu, lundi matin, en présence des ministres Monique Jérôme-Forget (Finances et Conseil du Trésor), Julie Boulet (Transports) et Michelle Courchesne (Éducation et Famille). Elles ont rendu public les détails de l'entente qui permettra au gouvernement de réaliser une économie de 226 M$ en valeur actuelle sur les 35 ans que durera l'entente signée avec le partenaire privé, Concession A25 S.E.C.
Sans risque
Ces économies portent à la fois sur les travaux de conception et de construction, mais également sur l'exploitation, l'entretien et la réhabilitation au cours des 31 premières années suivant sa mise en service.
@R:Selon la ministre Julie Boulet, le parachèvement de l'autoroute 25 sera complété deux ans plus tôt que si la conception et la construction avaient été réalisées en mode conventionnel. Cela dit, l'échéancier prévoit l'ouverture du futur pont dans l'est dans quatre ans, soit en septembre 2011.
Autre avantage majeur: le transfert de tous les risques de dépassement de coût et de délais dans le calendrier de réalisation au partenaire privé. «Vous êtes coincés totalement M. Chapdeleine, et on en est très fier», a lancé en boutade la présidente du Conseil du Trésor au porte-parole de Concession A25 S.E.C. Une garantie blindée qui protégera le gouvernement et les contribuables des risques de dérapage budgétaire comme cela a été le cas récemment dans le cas du prolongement du métro.
«La surprise, c'est qu'il n'y aura pas de surprise», a indiqué la dame de fer du gouvernement Charest qui a vanté «la rigueur et la transparence» qui distinguent la démarche d'un PPP. Incidemment, l'exhaustif contrat tenant sur plus d'un millier de pages sera disponible sur le site du ministère des Transports d'ici les prochaines semaines, a-t-on laissé entendre.
Partage des coûts
En point de presse, les ministres et le président-directeur général de l'Agence des partenariats public-privé du Québec, Pierre Lefebvre, ont levé le voile sur les faits saillants financiers de l'Entente ratifiée le 13 septembre dernier.
Pour ce projet de construction estimé à 400 M$, le gouvernement défrayera 80 M$ selon la réalisation de certaines étapes des travaux.
Il appert que ces 80 nouveaux millions s'ajoutent aux enveloppes de 30 M$ et de 23 M$ déjà consenties par Québec dans les travaux préparatoires menés à Laval et Montréal, portant ainsi à 133 M$ la contribution de Québec dans la réalisation du parachèvement de la 25.
Réalisés en mode conventionnel, ces travaux présentement en cours visent à reconfigurer le réseau routier local en vue d'un éventuel arrimage avec le futur pont dans l'est.
Par ailleurs, toujours selon l'entente, il en coûtera au gouvernement un loyer annuel de 13,4 M$ dès la mise en service du nouveau tronçon de 7,2 kilomètres qui reliera la 440 à la 40. «Ces paiements de disponibilité établissent le montant maximal que Québec versera au promoteur, selon qu'il rencontre toutes les exigences de performance fixées dans l'Entente», explique Pierre Lefebvre.
Puisque la concession s'étendra jusqu'en 2042, ce sont en fait 415 M$ que l'État aura à débourser avant que le promoteur ne lui cède l'infrastructure, bien que chez Partenariats public-privé Québec, on préfère plutôt parler d'une valeur actuelle de 142 M$.
Enfin, la remise liée aux frais de péage pourrait représenter pour le partenaire privé des revenus annuels estimés à 16 M$ (en dollars de 2002). Toutefois, tous ces paiements demeurent assujettis à des déductions ou des retenues liées au non-respect des exigences prévues à l'Entente de partenariat.
Frais de péage
En 2011, le partenaire privé ne pourra charger plus de 2,40$ aux automobilistes pour l'accès en période de pointe, alors qu'en période hors pointe le montant maximal a été fixé à 1,80$.
Contrairement à ce que le gouvernement avait laissé entendre en juin dernier, à l'effet qu'il pourrait coûter aux camionneurs jusqu'à six fois le prix des usagers réguliers, ceux-ci s'en tireront avec une charge maximale de 4,80$ le passage, au plus fort des heures d'affluence.
Une caméra à lecture à haute vitesse tiendra lieu de poste de péage, de manière à éviter la congestion à l'entrée et à la sortie du pont.
Fluidité garantie
Le maire Gilles Vaillancourt s'est évidemment réjoui de la signature de l'Entente de partenariat public-privé, soulignant qu'une ville-région en croissance comme Laval avait toujours besoin de nouvelles infrastructures de transport.
«Malgré le petit délire médiatique contre le métro, l'achalandage observé depuis l'ouverture des trois stations dépasse largement les estimations projetées», a-t-il pavoisé.
Puis, il a enchaîné en vantant les répercussions favorables que le nouveau pont liant les deux îles aurait sur l'environnement. L'élimination d'embouteillage et de détours de dizaines de millions de kilomètres parcourus chaque année par les automobilistes de la région métropolitaine profitera à tous, que l'on habite dans la couronne nord, Laval, Montréal ou la Rive-Sud.
Le décret gouvernemental prévoit d'ailleurs une mesure pour contrôler le niveau d'achalandage de manière à garantir la fluidité de la circulation sur le futur pont. «Si l'on devait atteindre la limite quotidienne de 68 000 véhicules, le partenaire devrait apporter les ajustements [lire hausser les frais de péage] nécessaires afin de respecter le plafond fixé», a précisé la ministre des Transports, Julie Boulet.