Prix de l'essence en 2015 : un constat brutal pour Montréal

Si les automobilistes québécois ont bénéficié dans l'ensemble d'une baisse moyenne de 16 % du prix à la pompe en 2015 par rapport à 2014, ceux du Grand Montréal ont manifestement fait les frais d'une stratégie choquante de l'industrie : de nombreuses hausses injustifiées les vendredis! 

Publicité

La métropole, un cas à part
Ainsi, 11 augmentations observées un vendredi à Montréal en 2015 sur 17 étaient démesurées et sans fondement, ce qui correspond à 65 % des cas. Depuis 2006, année où CAA-Québec a commencé à publier un bilan des prix de l'essence, une telle situation n'avait jamais été notée. De plus, la marge au détail moyenne de la métropole a augmenté de 7 % en 2015 comparativement à 2014, alors que Québec et Sherbrooke ont enregistré des baisses respectives de 20 % et de 18 %. D'ailleurs, 10 des 17 régions du Québec ont vu cette marge au détail diminuer ou demeurer stable au cours de l'année. 

À plusieurs reprises, à Montréal, l'industrie n'a visiblement pas suivi les mouvements des indicateurs pétroliers pour l'établissement des prix à la pompe. Résultat : les automobilistes ont été pénalisés. Selon CAA-Québec, l'industrie doit revoir sa stratégie dans la métropole. 

On observe une tout autre situation à Québec, où la marge au détail a diminué de 20 %. D'après CAA Québec, une concurrence accrue dans la capitale y explique les prix plus avantageux. À Sherbrooke, même si la marge au détail a fondu de 18 %, la situation diffère : la région demeure encore aux prises avec des périodes de stabilité des prix à la pompe qui désavantagent généralement les automobilistes. 

Un répit tout de même!
En 2015, la baisse de la marge moyenne au détail ainsi que des prix plus bas ont offert un répit aux automobilistes. Ainsi, le propriétaire d'une Honda Civic 2014 ayant parcouru 20 000 km a épargné plus de 300 $ en 2015 par rapport à 2014. Pour la même distance, le conducteur d'un Dodge Caravan 2014 a économisé plus de 500 $. Enfin, pour un Chevrolet Silverado, la facture de carburant a diminué de plus de 550 $! 

Brut et prix à la pompe
Le baril de pétrole brut raffiné au Québec (Brent) a perdu près de 50 % de sa valeur en 2015, avec un prix moyen de 52 $. La marge de raffinage a toutefois flirté avec les 20 cents/litre, soit une augmentation de 67 % par rapport à 2014. Bien qu'importante, la hausse de cette marge est en lien direct avec la faiblesse du dollar canadien, un élément crucial dans la compétitivité des raffineries, qui composent avec des produits qui se négocient en dollars américains. 

Au Québec, plusieurs se demandent pourquoi les prix à la pompe n'ont pas chuté dans la même proportion... Quatre principaux facteurs expliquent pourquoi l'essence raffinée n'a pas suivi le mouvement du pétrole brut : 

• l'augmentation de la marge de raffinage; 

• l'entrée en vigueur de la seconde phase du marché du carbone; 

• le net recul du dollar canadien par rapport à la devise américaine; 

• le taux de taxation d'un litre d'essence (41 % à Montréal).

Conséquence : les automobilistes québécois n'ont pas eu droit aux mêmes baisses que les Américains, par exemple. En début de semaine, aux États-Unis, le prix moyen d'un gallon d'essence ordinaire s'établissait à 1,749 $ US, soit 62 cents CAN/litre. 

Quelques statistiques (en cents/litre) 

• Prix moyen d'un litre d'essence à Montréal : 116,8 

• Prix moyen d'un litre d'essence à Québec : 109,9 

• Prix moyen d'un litre d'essence à Sherbrooke : 112,6 

• Marge au détail moyenne à Montréal : 7,6 

• Marge au détail moyenne à Québec : 4,4 

• Marge au détail moyenne à Sherbrooke : 6,2 

• Marge au détail moyenne au Québec : 6,8 

Conclusion
L'année 2015 a été marquée par une baisse importante des indicateurs pétroliers que sont le pétrole brut et l'essence raffinée. Dans la foulée, les automobilistes ont économisé des centaines de dollars par rapport à 2014, année où le prix moyen à la pompe s'élevait à 134,2 cents/litre. Toutefois, CAA Québec estime que l'industrie applique encore des stratégies qui défavorisent grandement les automobilistes, entre autres par des hausses substantielles et injustifiées ainsi que par des épisodes de trop grande stabilité à la pompe.

CNW

Publicité

À lire aussi