Deux décennies pour le Carrefour d'Intercultures de Laval

Camille Gaïor camille.gaior@tc.tc
Publié le 21 octobre 2011

En 20 ans d’activité, la mission du Carrefour d'Intercultures de Laval (CIL) n’a pas changé. Mais pour accueillir, orienter et accompagner les nouveaux arrivants, une série de moyens ont été développés au fil des ans. À l'inauguration de la nouvelle salle d'informatique, le 17 octobre dernier, les dirigeants sont revenus sur ces deux décennies d'action.

«À l’époque, les fondatrices avaient un budget de 500 $, et elles faisaient surtout du référencement de la population immigrante vers les classes de francisation et de bureautique de la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier», se souvient Denis Arvanitakis, directeur général du CIL.

Une population croissante

Avec l’accroissement de la population immigrante dans la région, l’organisme a dû intensifier et diversifier ses services.

«Entre 2001 et 2006, la population allophone est passée de 67 000 à 95 000», rappelle le directeur, qui estime que les résultats du recensement de 2011 devraient dépasser les 100 000.

Programme PANA pour l’accompagnement des nouveaux arrivants, classes de cours de français, parrainage humanitaire, soutien aux élèves immigrants et aux membres d’une minorité visible et intégration au marché de travail, les initiatives se sont multipliées, et permettent aujourd'hui à l'établissement d'intervenir auprès de 3000 personnes par année.

Besoins diversifiés

L'autre défi, c'est d'adapter ces programmes à une clientèle composée d’une cinquantaine d’ethnies.

Et les 1900 réfugiés politiques qu'accueille chaque année le Québec sont sans doute les personnes qui ont le plus besoin d'accompagnement. «Ces personnes proviennent souvent de camps de réfugiés. Ils ne connaissent pas comment fonctionne une société industrialisée, comme le Canada. Et certains de leurs enfants ont été victimes de violence, d'abus, de persécution ou de déplacement forcé. Cela a une influence sur leur développement», poursuit Denis Arvanitakis.

Mais le CIL ne dessert pas uniquement les immigrants nouvellement arrivés. «Un grand nombre de personnes habitent ici depuis plus de 5 ans, 10 ans ou plus, mais n'ont pas eu la chance de s’intégrer», ajoute le directeur.

Vivre ensemble

Lorsqu'on aborde l'avenir, le directeur du CIL assure que le prochain défi de l'immigration demeurera le «vivre ensemble».

Une volonté à l'image du lancement de la nouvelle salle d'informatique qui servira autant aux Québécois qu'aux immigrants. «Les immigrants se mélangent avec les Québécois d’origine avec un objectif commun : apprendre et avancer, au-delà des différences. N’est-ce pas ce que nous devrions tous faire dans notre société?» a lancé M. Arvanitakis, devant la centaine de personnes présentes lors de l'inauguration.