Quand la religion se mêle à la santé mentale

Camille Gaïor camille.gaior@tc.tc Publié le 2 mars 2013
Pour l’Abbé Raymond Gravel, il ne faut pas banaliser la dimension religieuse dans les problématiques de santé mentale.
Courtoisie

Bien qu’il soit habitué à s’exprimer dans les médias, l’abbé Raymond Gravel se prononcera pour la première fois sur la religion dans un contexte de santé mentale, lors d’une conférence organisée par l’ALPABEM, le 19 mars prochain.

«Le message que je souhaite faire passer est qu’il ne faut pas prendre à la légère le fait religieux dans la maladie mentale, car elle peut avoir des effets pervers et bénéfiques, annonce-t-il d’entrée de jeu. Surtout pour les gens qui sont atteints de bipolarité ou de schizophrénie, cela peut les amener vers des interprétations désordonnées et des délires religieux.»

Un sujet auquel, il a été confronté plus d’une fois. «Je me souviens d’avoir accompagné un jeune qui entendait une voix intense lui disant de tuer sa mère, mais la religion lui interdisait. Un jour, il s’est pendu pour éviter de la tuer», raconte Raymond Gravel.

Médecine et religion

Pour tenter de maîtriser les éventuels effets pervers de la religion dans un contexte de santé mentale, l’ancien député du Bloc Québécois croit que médecine et religion doivent agir de pair.

«Avant que la médecine se développe, la religion faisait des rites, pour aider à guérir la maladie, mais des fois, cela pouvait nuire. Depuis la psychologie, on comprend mieux la maladie mentale et le croyant doit agir avec la science.»

Tous concernés

Selon lui, la folie est susceptible de toucher chacun de nous, et donc personne ne serait à l’abri de telles dérives.

«La dureté de la vie fait qu’on a tous un déséquilibre mental. Ça ne veut pas dire qu’il est profond, mais on est toutes des personnes fragiles».

Il prend alors l’exemple de Guy Turcotte, rencontré une semaine après la mort de ses enfants. «Je l’ai senti démuni [face à ce qu’il vivait]. Dans son cas, il avait tellement baigné dans une religion stricte et sévère qu’il vivait un rejet et il ne pouvait se rattacher à rien.» Pour l’abbé Raymond Gravel, la religion l’a étouffé, plutôt que de l’aider.

La conférence Fou ou foi ? Maladie mentale et Religion sera présentée à l’auditorium Réal-Dubord de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, le mardi 19 mars, de 19h à 21h et diffusée en direct sur le web via www.vpsolution.tv/alpabem. Information: 450 688-0541 ou info@alpabem.qc.ca.

Quand la religion se mêle à la santé mentale

Camille Gaïor camille.gaior@tc.tc Publié le 2 mars 2013
Pour l’Abbé Raymond Gravel, il ne faut pas banaliser la dimension religieuse dans les problématiques de santé mentale.
Courtoisie

Bien qu’il soit habitué à s’exprimer dans les médias, l’abbé Raymond Gravel se prononcera pour la première fois sur la religion dans un contexte de santé mentale, lors d’une conférence organisée par l’ALPABEM, le 19 mars prochain.

«Le message que je souhaite faire passer est qu’il ne faut pas prendre à la légère le fait religieux dans la maladie mentale, car elle peut avoir des effets pervers et bénéfiques, annonce-t-il d’entrée de jeu. Surtout pour les gens qui sont atteints de bipolarité ou de schizophrénie, cela peut les amener vers des interprétations désordonnées et des délires religieux.»

Un sujet auquel, il a été confronté plus d’une fois. «Je me souviens d’avoir accompagné un jeune qui entendait une voix intense lui disant de tuer sa mère, mais la religion lui interdisait. Un jour, il s’est pendu pour éviter de la tuer», raconte Raymond Gravel.

Médecine et religion

Pour tenter de maîtriser les éventuels effets pervers de la religion dans un contexte de santé mentale, l’ancien député du Bloc Québécois croit que médecine et religion doivent agir de pair.

«Avant que la médecine se développe, la religion faisait des rites, pour aider à guérir la maladie, mais des fois, cela pouvait nuire. Depuis la psychologie, on comprend mieux la maladie mentale et le croyant doit agir avec la science.»

Tous concernés

Selon lui, la folie est susceptible de toucher chacun de nous, et donc personne ne serait à l’abri de telles dérives.

«La dureté de la vie fait qu’on a tous un déséquilibre mental. Ça ne veut pas dire qu’il est profond, mais on est toutes des personnes fragiles».

Il prend alors l’exemple de Guy Turcotte, rencontré une semaine après la mort de ses enfants. «Je l’ai senti démuni [face à ce qu’il vivait]. Dans son cas, il avait tellement baigné dans une religion stricte et sévère qu’il vivait un rejet et il ne pouvait se rattacher à rien.» Pour l’abbé Raymond Gravel, la religion l’a étouffé, plutôt que de l’aider.

La conférence Fou ou foi ? Maladie mentale et Religion sera présentée à l’auditorium Réal-Dubord de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, le mardi 19 mars, de 19h à 21h et diffusée en direct sur le web via www.vpsolution.tv/alpabem. Information: 450 688-0541 ou info@alpabem.qc.ca.

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