Un hommage à Guy Piché pour la Fête des pères

La poétesse Leslie Piché parle du ténor

Benoit LeBlanc benoit.leblanc@tc.tc
Publié le 18 juin 2009

Plusieurs se souviennent encore de la voix puissante de Guy Piché, qui a longtemps chanté les hymnes nationaux au Forum de Montréal, tout en poursuivant une carrière de ténor dans les opéras nord-américains.

Fumeur de cigare invétéré, pédagogue original, coéditeur du journal La Voix de Laval, le ténor Guy Piché est décédé le 28 mars dernier. Ses obsèques ont été célébrées le 18 avril à l'église Saint-Maxime. Il aurait eu 85 ans le 31 mai. «Il devrait être enterré avec le reste de sa famille à Trois-Rivières. En 1972, il était venu installer sa petite famille dans les appartements Belle-Rive, dans Chomedey. Il y avait plein de gratteux de guitares et joueurs de flûte traversière, au milieu d'arbres immenses», confie sa fille, la poète lavalloise Leslie Piché, qui a ressassé ses souvenirs à l'occasion de la Fête des Pères.

Carrière de chanteur

Dans les années '50, Guy Piché chante avec les principales troupes lyriques de Montréal. Il est alors un crooner et trompettiste bien connu. Aux Variétés lyriques, fondées par Lionel Daunais et Charles Goulet, il offre une interprétation remarquée de Pinkerton, de l'opéra de Puccini, Madame Butterfly.

«À l'époque, un homme a tellement aimé la voix de mon père qu'il lui a offert de payer ses études, s'il partait apprendre le chant en Italie. Une rencontre a suffi pour conclure l'affaire. Mon père n'a plus jamais revu son mécène.»

Guy Piché parfait sa technique au contact de maîtres à Milan (Mario Basola) et en Angleterre (Frank Titterton). De retour, c'est à Seattle, Washington et San Francisco, que le ténor québécois se taille une solide réputation. Il incarne les rôles de Parsifal de Wagner, Belmonte dans L'Enlèvement au sérail de Mozart et Don José, de Carmen.

Retour au Québec

Plus tard, le Québec l'entendra à la radio et à la télévision dans des émissions telles Québec sait chanter, Les Tannants et Symphorien. Il continuera aussi à chanter les grandes oeuvres lyriques à l'Opéra de Montréal.

«Je me souviens des répétitions pour Salomé, de Richard Strauss. C'était Zubin Mehta qui dirigeait. Pendant que mon père s'exerçait avec ses collègues, mes amies et moi, nous jouions entre les bancs de la salle Wilfrid-Pelletier (Place des Arts). Chez lui, jamais la carrière de chanteur n'a empiété sur celle de père, au contraire. Il trouvait rassurant d'être accompagné par sa famille.»

Père et professeur

Guy Piché a eu trois enfants d'un premier mariage avec une Américaine Jeanne-Louise Sauer: Marc, Jocelyne et Leslie. Mais c'est en compagnie du grand amour de sa vie, la mezzo-soprano Odile Fay, qu'il élèvera ses enfants.

«Je me souviens beaucoup de ses élèves de chant. Pour leur expliquer la respiration et l'importance du diaphragme pour placer la voix, il se couchait sur le dos et leur demandait de monter leurs pieds sur lui, pendant qu'il continuait à tenir la note sans problème», se souvient Leslie Piché. «Ça, c'était quand il n'embarquait pas toute la marmaille dans la voiture pour faire une excursion improvisée, en ramassant des pouceux en chemin pour leur offrir des hot-dogs et des liqueurs plus loin!»