Richard Séguin dans l'intensité de l'émotion


Publié le 10 mars 2017

Rendez-vous réussi tout en nuances pour Richard Séguin avec son public lavallois.

©TC Media - Mario Beauregard

SPECTACLE. La révolte qui gronde à grands renforts de décibels est du passé pour le chantre de notre chanson qu'est devenu Richard Séguin, héritier direct des Félix Leclerc, Raymond Lévesque et Gilles Vigneault. Toutefois, sans sacrifier l'intensité musicale et en braquant tous les projecteurs sur son propos, l'artiste exprime tantôt un humanisme social, tantôt une intimité dramatique, voire tragique à travers les méandres de sa famille et celles des autres.

Autant le public que la critique ont encensé Les horizons nouveaux, son dernier album sorti en avril 2016. On a pu en entendre de nombreux titres dont les superbes Au bord du temps, Les vents contraires et Dans le désir du monde>, l'engagée Tant qu'y en a et l'éternel amour de la route exprimé dans Le manteau et Roadie, le 9 mars, dans une salle André-Mathieu presque pleine.

Pour tout admirateur de l'évolution de l'artiste, il était peu surprenant de voir et entendre le gars originaire de Pointe-aux-Trembles et transplanté bien vivant à Saint-Venant, «un village de 111 habitants dans les Cantons de l'Est, près du New Hampshire», harnaché de sa guitare, l'harmonica jamais loin, le folk assumé avec force, relevé sinon souvent magnifié par son trio de multi-instrumentistes Myëlle, Simon Godin et Hugo Perreault, ce dernier ayant réalisé ses trois derniers albums.

Les vieux fans auront été peu gâtés avec de rares incursions dans le vieux matériel, de résumant à L'ange vagabond, Rester debout et Qu'est-ce qu'on leur laisse, avant la finale énergique de l'incontournable Journée d'Amérique offerte, sourire grand comme ça, par le chanteur qui aura 65 ans dans quelques semaines.