Un village éphémère et dansant pour clore les Zones musicales

Entre un spectacle à Portland et une séance studio à Montréal avec JF Lemieux, Daby Touré était la tête d'affiche de la première de trois soirées de la fête de clôture des Zones musicales.

FESTIVAL. Après que le collectif de DJ Random Recipe eut donné le ton auxmusiques du monde de la soirée, la fête de clôture des Zones musicales, du 18 au 20 août, a fait place à une succession d'artistes venus du continent africain sur la scène aménagée à l'Espace Montmorency, près du métro du même nom.

Publicité

Pour l'occasion, la rue Jacques-Tétreault a été fermée à la circulation. L'initiative a permis aux plus de 200 spectateurs d'apprécier le vidéomapping de sable, faune et flore typiques de l'Afrique projeté par Jérôme Delapierre sur la devanture du campus lavallois de l'Université de Montréal.

«Ce n'est pas qu'un spectacle. On veut rêver le nouveau centre-ville dès maintenant!»

Érika Palmer, responsable des Zones Musicales

«Cet artiste sera avec nous tout le week-end, proposant chaque fois des images en cohérence avec ce qui se fait sur scène, d'affirmer vendredi Patricia Lopraino, directrice générale de la Centrale des artistes qui agit à titre de producteur délégué pour ce week-end spécial. Nous avons programmé un équilibre de musiciens connus, avec Betty Bonifassi et Patrice Michaud, et de découvertes.»

C'est à une Lavalloise, Fab, et Frannie Holder, de Random Recipe, qu'est revenu l'honneur de donner le coup d'envoi de l'événement, passant du hip-hop Punjab au reggaeton d'Amérique centrale, entre des rythmes brésiliens et chiliens.

S'étant connues au cégep, la Montréalaise Frannie Holder et la Lavalloise Fab ont fondé Random Recipe devenu aujourd'hui un quatuor.

«Pas question de jouer de musique en anglais ou français! de déclarer une Fab heureuse de se retrouver en territoire connu, elle qui a joué durant 12 ans au soccer avec le Delta et les Conquérants. On va offrir le meilleur 5 à 7 jamais fait à Laval, avec les meilleures tounes éclectiques et internationales de la planète. On va montrer et exprimer le multiculturel d'ici. En 2017, tout le monde voyage. C'est le fun d'entendre autre chose qu'on connaît un peu moins.»

Daby Touré

En vedette et en formule trio d'une «immense énergie concentrée», le mauritano-sénégalais Daby Touré a tout fait pour réchauffer l'ambiance de cette soirée froide d'été. «Tel qu'on le retrouve sur mon dernier opus Amonafi, je conte l'histoire de l'homme parti d'Afrique pour conquérir le monde, allant même jusqu'à changer de couleur en chemin, de confier le surdoué compositeur et multi-instrumentiste qu'on a vu aux côtés de Francis Cabrel et Peter Gabriel. J'y parle de ce qui m'est cher: la tolérance, la diversité, la rencontre.»

La finale a été assurée par Afrique en cirque, un grand numéro combinant musique, acrobaties et mouvement, pas moins de 14 interprètes se partageant les planches.

Samedi et dimanche

Le 19 août, les projecteurs étaient braqués sur la carte blanche de l'auteur-compositeur Patrice Michaud, après la prestation attendue de Betty Bonifassi. Le Gaspésien de Cap-Chat s'était entouré d'une dizaine de musiciens.

«J'ai immédiatement pensé aux rythmes latins de Boogat que j'avais rencontré il y a belle lurette à Belle & Bum, racontait la semaine dernière Patrice Michaud au Courrier Laval. C'est un jeune papa comme moi et il se promène beaucoup. On l'entend dans des super séries télévisées américaines. C'est un chic type.»

Le musicien a donc fait scène commune avec les rythmes latins bien contemporains de Boogat ainsi que le projet Afrikana Soul Sister du bassiste multiinstrumentiste JF Lemieux.

«J'ai toujours aimé la musique ethnique et électronique, de souligner JF Lemieux, présent auprès de Daby Touré avec qui il travaille actuellement en studio pour le prochain album du musicien africain. Lors d'un voyage au Maroc, j'ai découvert des chants traditionnels. Les rythmes africains sont une transe au sens spirituel et social, ce qui peut rappeler notre trance électronique. J'ai fondé Afrikana Soul Sister dans cet esprit-là avec de merveilleux artistes africains de Montréal, Djely Taba Diarra en tête.»

Le dimanche 20 août a également fait honneur aux traditions musicales africaines revisitées avec Afrodizz, Wesli et Patrice, qu'avaient précédé les cinq musiciens de West Trainz.

Publicité

À lire aussi