Enseigner la «vraie» histoire

Andréanne Chevalier andreanne.chevalier@tc.tc
Publié le 27 avril 2016
College John Abbott
Courtoisie

Un comité ad hoc est déjà en place au collège John-Abbott pour intégrer dans les cursus des recommandations de la Commission Vérité et Réconciliation, visant à remédier aux séquelles laissées par les pensionnats autochtones.

« Dans les recommandations, c’est très clair, explique à Métro Ryan Young, professeur en arts médiatiques. Certaines visent l’éducation. Il n’y a pas de zone grise. C’est simple : dans toutes les institutions, il faut les appliquer.»

La Commission Vérité et Réconciliation, qui a travaillé à faire la lumière sur les pensionnats autochtones et à éduquer le public sur la question, avait émis ses recommandations en juin dernier, avant de déposer son rapport complet en décembre 2015.

C’est pour connaître l’histoire des écoles résidentielles, premièrement, mais aussi les détails des traités. Pas juste les mauvaises histoires, mais les bonnes aussi. De connaître les accomplissements des Autochtones du Canada. Et d’être sûr d’offrir une éducation qui n’est pas raciste. Ryan Young

Une des recommandations concerne par exemple les écoles de médecine et de sciences infirmières, exigeant un cours qui porte sur les questions de santé des Autochtones. Pour le collège John-Abbott, qui offre le cours de sciences infirmières, il s’agirait d’une voie d’action. Dans le cas où la création d’un cours dédié ne serait pas possible, les professeurs pourraient tout de même inclure le sujet dans leurs plans de cours.

Pour M. Young, il est important de ne pas attendre que « le ministère [de l’éducation] change le système ». Bien que le projet en soit encore aux étapes préliminaires, un comité a été créé, bénévolement. « Je vois ça comme une opportunité importante de faire du Collège un endroit plus friendly pour les Premières nations et aussi pour changer l’éducation. Pour mieux refléter l’histoire des autochtones au Canada », affirme M. Young. Erich Schmedt, directeur des études à John-Abbott, a confirmé à Métro que ce comité pourrait être officialisé par l’établissement et que le collège souhaite pouvoir avoir une personne dont la tâche est de se consacrer aux initiatives éducatives autochtones.

Le Collège John Abbott, situé à Sainte-Anne-de-Bellevue, accueille près de 70 étudiants autochtones. Il s’agit de 1 % de la population étudiante du collège. Ils proviennent principalement des nations Inuit, Crie, Mohawk et Micmac, et quelques-uns sont Atikamek et Algonquin. Le Collège est doté d’un centre de soutien aux étudiants autochtones depuis 1990.

 

Des groupes qui oeuvrent à combattre les préjugés et à favoriser le dialogue. Des projets culturels et éducatifs stimulants. Des jeunes qui travaillent pour leur nation. Parce que tout n’est pas noir dans les communautés autochtones, TC Média présente l’autre côté de la médaille, à Montréal et en région. Consultez notre dossier complet:

- Odanak : Entre éducation et défis
- Faire tomber les clichés et bâtir des ponts
- 7 questions – et réponses – sur les Autochtones
- Des changements en enseignement de l’histoire : plus de place aux Autochtones?
- Un souffle aux cultures autochtones
- Vers une «ambassade» autochtone au coeur de Montréal
- Carte interactive: Les communautés autochtones du Québec