Coupable d'avoir fraudé son employeur pour 1,3 M$

Brigitte Laflamme fait face à une peine possible de cinq ans de prison pour avoir fraudé plus de 1,3 M$ à son employeur.

JUSTICE. Une résidente de Laval risque cinq ans de prison pour avoir soutiré plus de 1,3 M$ à l'entreprise Bellemont Powell, de Boucherville.

Publicité

Entre 2002 et 2015, Brigitte Laflamme travaillait comme commis-comptable chez Bellemont Powell, une entreprise de mise en marché de produits alimentaires. Dès 2005, elle a commencé à encaisser des chèques en son nom personnel, falsifiant les livres comptables pour couvrir son crime.

Selon la preuve soumise au tribunal, elle a encaissé plus de 1400 chèques sur une période de 10 ans. La valeur totale de la fraude s'élève à 1 339 986$.

Le stratagème a pris fin le 17 juillet 2015, lorsqu'un autre employé a découvert par inadvertance un chèque qui présentait des irrégularités.

Laflamme a plaidé coupable le 28 octobre 2016 à cinq chefs d'accusation pour fraude, documents contrefaits et possession de biens criminellement obtenus. Aujourd'hui, la Couronne a réclamé une peine de 60 mois de prison au juge Pierre Bélisle.

«Il y a eu plus de 1400 chèques, souligne le procureur de la Couronne Me Simon Lacoste. Cela nécessitait une planification et une préméditation importantes. Les gestes ont été répétés sur une longue période. Aucun facteur ne peut mitiger sa responsabilité à ce stade-ci.»

En plus de cette peine, Me Lacoste a réclamé que Laflamme rembourse l'entièreté des sommes fraudées à son ancien employeur pendant les 10 prochaines années. Plus de 48 000$ ont déjà été remboursés.

À défaut de cela, la Couronne réclame jusqu'à 10 ans de prison supplémentaires, tout dépendant des sommes que Laflamme aura pu rembourser.

L'avocat de la défense, Me Hugues Séguin, a quant à lui suggéré une peine de trois ans de prison. Il estime que l'impact sur l'entreprise et ses propriétaires ne pouvait être très important, puisque personne ne s'en est rendu compte pendant dix ans.

«Si le plat de bonbons est accessible, ça devient un critère, a lancé Me Séguin. Je ne veux pas blâmer la victime, mais personne n'a réalisé que, vers la fin, c'est 10% des montants qui disparaissent.»

Me Lacoste a répondu que cela revenait à dire que «la jupe de la victime était trop courte», en référence à des dossiers d'agression sexuelle.

«Ce n'est pas une défense admissible», a-t-il souligné.

Me Séguin a aussi souligné que sa cliente a coopéré avec les policiers et qu'elle n'a pas d'antécédents criminels. Le rapport présentenciel indique également que le risque de récidive de Mme Laflamme est «amoindri» depuis qu'elle a entrepris une thérapie.

Me Lacoste a répliqué que Brigitte Laflamme a récidivé après son arrestation. Six mois après s'être trouvé un autre emploi, en septembre 2016, elle a volé son nouvel employeur, le concessionnaire Hyundai.

Brigitte Laflamme sera de retour en cour le 9 juin pour connaître sa sentence.

Avec la collaboration de Jos Morabito

Publicité

À lire aussi