Les sinistrés des inondations devront prendre leur mal en patience

Les sinistrés des inondations du printemps dernier devront prendre leur mal en patience; le ministère de la Sécurité publique est littéralement débordé par l’ampleur de la tâche et l’analyse de l’ensemble des dossiers ne sera complétée que dans cinq semaines, selon le ministre Martin Coiteux.

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Celui-ci a convoqué la presse à la hâte, mardi matin, au lendemain de consultations publiques dans 17 municipalités où la grogne des sinistrés s’est bruyamment manifestée par moments.

Le ministre Coiteux a dit comprendre la frustration et l’impatience des sinistrés, mais il a précisé que son ministère faisait l’impossible pour faire avancer le processus, alors que 90 personnes additionnelles ont été embauchées au cours des dernières semaines pour traiter les dossiers.

M. Coiteux a évoqué l’ampleur inédite de la catastrophe naturelle — 5000 résidences inondées, 4000 personnes évacuées dans 278 municipalités — pour tenter d’expliquer les délais.

En vertu des procédures prévues, les sinistrés doivent faire évaluer les dommages par un inspecteur reconnu par le ministère, attendre le rapport d’inspection qui évaluera l’étendue des dommages et les coûts nécessaires aux rénovations, puis demander un permis à la municipalité avant d’aller de l’avant.

M. Coiteux a indiqué que, jusqu’ici, 92 pour cent des sinistrés avaient eu la visite d’un inspecteur, que 400 rapports d’inspection ont été remis aux citoyens et que les dossiers sont traités au rythme de 500 par semaine. Le ministère a également ouvert des bureaux permanents dans les régions les plus touchées, soit à Montréal, Rigaud et Gatineau pour répondre à toutes les questions des citoyens.

Par ailleurs, le ministre a rappelé que les restrictions de reconstruction prévues à la loi et qui existaient bien avant les crues du printemps dernier ne changeront pas: les résidences qui sont situées dans une zone 0-20 ans (probabilité de 5 pour cent qu’une inondation se produise chaque année) et qui sont considérées comme une perte totale ne pourront pas être reconstruites.

Cette provision a provoqué la colère de nombreux citoyens, inquiets de ne pouvoir se réinstaller là où ils habitaient, notamment à Gatineau où certains disent craindre la disparition de quartiers entiers.

M. Coiteux a tout de même précisé que le projet de décret présenté en juin par son gouvernement pour gérer la situation de crise laisse une place aux circonstances exceptionnelles et que les consultations menées la veille feront partie de la réflexion entourant le décret qui doit être adopté à l’automne.

Il a cependant averti que Québec n’a aucune intention de jouer à l’autruche et «de permettre (à des municipalités) de faire comme si ce n’était pas des zones inondables et de reconstruire tel quel», alors que les changements climatiques ont un impact sur la fréquence de tels épisodes d’inondation.

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