Un soulier qui a du mordant

Stephen Héroux et Pierre Beaulieu sont très fiers de leur soulier Dek Gecko.

SPORT. Les Drummondvillois Pierre Beaulieu et Stephen Héroux ont un point en commun : ils aiment le deck hockey. Ce qu'ils aiment moins, c'est de glisser et courir dans le vide quand la température extérieure vient jouer les trouble-fête pendant un match de deck. Une idée a germé, et ils ont mis au point une semelle antidérapante qui colle à la surface de jeu lorsqu'elle est mouillée.

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La table de travail qui servait, par le passé, à faire les souliers à la main.

L'histoire débute avec M. Héroux qui, par un procédé maison, applique du caoutchouc sous ses semelles de soulier afin d'adhérer sur l'aire de jeu faite de plastique.

«En 1996, c'était vraiment expérimental. J'étais le seul à avoir ça dans la ligue de Trois-Rivières. J'ai commencé à en faire pour des amis. Je m'amusais avec ça, mais j'ai finalement abandonné la production pendant quelques années», raconte-t-il.

En 2010, il a recommencé à produire des semelles antidérapantes et, en 2011, il s'est associé avec son ami et coéquipier Pierre Beaulieu. À ce moment, ils utilisent toujours le même procédé appliqué de semelle en caoutchouc.

«Ça devenait compliqué de prendre les commandes. Il fallait récupérer les souliers du client, les livrer. On a alors commencé à acheter des lots de souliers de soccer en appliquant la même technique. Comme on faisait ça de façon artisanale, on cherchait un autre procédé efficace et durable qui offrirait la même qualité que ce que nous faisions à la main», explique M. Beaulieu.

Stephen Héroux et Pierre Beaulieu.

Les deux entrepreneurs âgés dans la quarantaine, qui occupent un autre emploi, ont finalement eu la main heureuse. Ils ont rencontré, par hasard, un contact qui œuvre déjà dans le domaine de la chaussure et des bottes. Pendant trois ans, ils ont développé avec une équipe chinoise la fameuse semelle. «Ça été une «game» d'essais-erreurs. On avait trouvé la combinaison parfaite, mais le concepteur a quitté son emploi avec la recette… On a tout recommencé et on a même envoyé une surface de deck de 4 m² pour que les Chinois puissent faire des tests là-bas. On a finalement reçu un excellent produit en septembre 2016, sinon on prenait l'avion pour aller les rencontrer en personne. C'est une aventure qui nous a coûté environ 50 000 $, mais ça en valait la peine», ont raconté les deux hommes.

Pour le moment, un seul modèle existe, mais une nouvelle gamme de produits améliorés verra le jour en 2018. Les modèles pour femmes feront aussi leurs apparitions l'été prochain. «Nous avons maintenant un représentant qui va nous aider à développer le marché ontarien et les États-Unis. Les magasins commencent à voir le potentiel de nos souliers. Il y a un engouement pour le produit Dek Gecko. Il y a quelques semaines, lors d'un tournoi au Mont-Tremblant où il pleuvait tellement, on était fiers de voir que presque tous les joueurs sur le terrain portaient nos souliers. Ils sont faciles à reconnaitre, ils «flashent» tellement!», a ajouté Stephen Héroux.

Plus de 1200 paires de souliers ont été vendues en seulement deux mois et l'avenir semble plus que prometteur. «Notre slogan est «Ne laissez pas la victoire glisser sous vos pieds.» Nous on ne laissera pas passer le train, et avec nos prototypes qui sont sur le point d'arriver, Dek Gecko a le vente dans les voiles», a conclu Pierre Beaulieu.

www.dekgecko.ca

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