Mieux connaître les commotions

Sylvain Lamarre sylvain.lamarre@tc.tc
Publié le 23 novembre 2016

Les coups à la tête causent souvent des commotions cérébrales aux athlètes.

©Vincent Graton

SANTÉ. Depuis quelques années, il est pratiquement impossible de parler de sport sans aborder le sujet des commotions cérébrales. Le <@Li>Courrier Laval<@$p> a parlé à trois organismes sportifs lavallois (hockey, football et soccer) pour connaître les démarches, afin d'enrayer ce fléau.

«Rien n'est plus important que la tête des jeunes», assure d'entrée de jeu Martine Deschamps, de Hockey Laval.

Quand il s'agit de commotions, Hockey Laval applique le protocole de retour au jeu de l'Université McGill et les recommandations de l'Association des thérapeutes du sport.

«Dès qu'il y a un petit symptôme ou un contact sur la glace qui peut laisser présager une commotion, le joueur est retiré du jeu. Ce n'est pas le joueur ni l'entraîneur qui décident du retour», insiste-t-elle.

Les cinq formations de développement du hockey mineur peuvent compter sur Karine Germain, étudiante en thérapie du sport à l'Université Concordia. Elle travaille depuis six ans comme premier répondant au sein de Hockey Laval. Elle est entourée de cinq physiothérapeutes qui surveillent les blessures de ces jeunes hockeyeurs.

Un médecin supervise les commotions cérébrales. D'ailleurs, le joueur retiré ne doit pas reprendre l’activité avant d’avoir subi un examen médical.

«On fait de l'éducation. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de contact à la tête du joueur que le cerveau ne bouge pas. Il faut être attentif aux symptômes. Dans le doute, les parents doivent consulter un médecin. C'est leur responsabilité de faire un suivi», indique-t-elle.

Football

Pour sa part, Jean Roberge, président de Football Laval, considère que son sport a instauré des programmes ces dernières années pour enrayer le phénomène des commotions.

«Quand il est question de commotion, on éclabousse toujours le football. Je trouve cela injuste, car on a beaucoup fait, lance-t-il. On devrait interdire la boxe, un sport dont la mission est de donner une commotion à son rival. Et que dire des coups à la tête au hockey.»

M. Roberge insiste pour dire que tous les entraîneurs du football lavallois doivent obligatoirement suivre des formations en sécurité.

«Le règlement de sécurité actuel de Football Québec précise que la présence d’un secouriste est obligatoire lors des matchs et pratiques», mentionne-t-il.

Football Laval compte quatre thérapeutes sportifs.

Importance du protocole

Le programme «Prendre une tête d’avance au football» est une ressource adaptée à la réalité du football qui permet de reconnaître les signes de commotion et d’appliquer des protocoles de retour au jeu. Ce module d’apprentissage en ligne est offert gratuitement.

«Cet outil d'apprentissage aide les entraîneurs à acquérir les connaissances et habiletés requises pour assurer la sécurité des athlètes», termine M. Roberge.

Pour sa part, Martin Sénéchal, responsable du programme de football des Loups de Curé-Antoine-Labelle au niveau scolaire, affirme que les commotions cérébrales sont prises au sérieux par ses thérapeutes, qu'il qualifie de meilleurs de la province. «Nous avons la crème des thérapeutes et nous appliquons le protocole. Nous priorisons les études avant le sport chez les Loups.»

Soccer

Enfin, le directeur général de l'Association régionale de soccer de Laval, Jean-Philippe Mayrand, affirme que les associations surveillent de près les commotions cérébrales.

«Depuis le début de l'été, nous sommes en phase prévention et sensibilisation auprès des entraîneurs et dirigeants. Ils ont reçu une formation. L'application et la gestion feront partie d'une deuxième phase. Par contre, nous avons besoin de ressources», admet-il.

M. Mayrand pense que Soccer Québec pourrait apporter certaines modifications aux règlements chez les plus jeunes. «On pourrait limiter les têtes lors des entraînements et des parties», termine-t-il.

Tout comme le hockey et le football, l'ARS Laval participe aussi au plan d'action pour la prévention et la gestion des commotions cérébrales du ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.