Hockey: histoires de séries éliminatoires avec Martin McGuire

Une chronique de Martin McGuire

Jean-Gabriel Pageau a aidé les Sénateurs d'Ottawa à vaincre les Rangers de New York en comptant quatre buts lors du deuxième match de la série.

Parmi les belles histoires de cette deuxième ronde des séries celle de notre compatriote Jean-Gabriel Pageau, qui a aidé les Sénateurs à vaincre les Rangers dans le match numéro 2, est un fait d'armes digne de mention.

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Jean-Gabriel, qui a passé sa jeunesse à Gatineau, est un choix de 4e ronde du repêchage de 2011. Les Sénateurs avaient d'ailleurs coupé l'herbe sous le pied du Canadien en le sélectionnant juste avant. Sa famille et ses proches ont été à même de constater avec quels sacrifices et détermination Pageau a su atteindre les sommets de la LNH. De la détermination pour le jeune homme de petite taille à qui on disait qu'il ne réussirait pas. Tiens, tiens, on a déjà entendu ça…

Quatre buts dans un match, ça ne risque pas de se revoir de sitôt. Même les plus grands en rêvent.

Jean-Gabriel fait partie de la catégorie des joueurs spéciaux, car ce qu'ils ont, ils l'ont mérité. Passé dans la Ligue américaine dans la filiale de Binghamton, Pageau a dû faire sa place dans le grand club. Samedi dernier, il lançait aux journalistes qu'à partir de maintenant, on ne pourrait plus dire qu'il marque seulement des buts importants contre le Canadien. Tiens, toi!

Guy Boucher semble avoir trouvé le rôle parfait pour lui: placé sur le troisième trio avec des missions défensives dont il s'acquitte, cela fait aussi potentiellement de lui un joueur capable de marquer des buts importants. Il est impliqué, intelligent et combatif, des qualités qui servent les intérêts du club d'Ottawa.

L'acharnement qu'il a mis pour arriver où il est fait en sorte qu'il ne baisse jamais les bras. Les joueurs comme lui entretiennent toujours le scepticisme, donc ils doivent toujours se donner à chaque présence. Pageau est un battant et un gagnant. À l'instar de quelques belles histoires bien de chez nous, la sienne sera racontée durant de longues années; « Te souviens-tu des quatre buts de Pageau dans les séries? » C'est précieux dans la carrière d'un joueur.

Je ne peux parler de Pageau sans passer à côté de Charles Hudon du Canadien. Dans une chronique précédente, nous avions établi un parallèle intéressant entre les deux. De gabarit semblable et avec des aptitudes qui se rapprochent, Hudon a les qualités pour devenir un Pageau. En séries avec le club-école du CH, Hudon a trouvé le moyen d'être un des meilleurs sur la glace. Comme Pageau, Hudon a mérité tout ce qui lui arrive. Si Claude Julien reconnaît cette force de caractère, il lui donnera une chance. Loin de moins l'idée de m'improviser dépisteur, mais mon feeling très fort me dit que Hudon a le potentiel de devenir le Pageau du Canadien. Nous verrons bien.

À Pittsburgh

Difficile de ne pas être transporté par cette incroyable équipe que sont les Penguins de Pittsburgh. L'histoire cette année, ça pourrait être encore Sidney Crosby, mais pas tout à fait. Marc-André Fleury retient toute notre attention.

Après avoir mis un terme au rêve des Blue Jackets de Columbus, il sème maintenant le doute dans la tête des puissants attaquants des Capitals de Washington. Fleury le Sorelois est une autre belle histoire de ces séries. L'an dernier, il a avalé sa pilule et s'est assis au bout du banc en encourageant ses coéquipiers et le jeune gardien Matt Murray, qui a remporté une Coupe Stanley significative. Marc-André a fait preuve de beaucoup d'humilité et a mis les intérêts des Penguins avant les siens. Une incroyable leçon pour tous les joueurs qui aspirent à faire carrière avec les grands.

Pour jouer avec les meilleurs, il faut se comporter comme un pro. Non seulement Fleury a-t-il donné son appui inconditionnel à ses coéquipiers l'an dernier, mais il l'a fait aussi cette année. Appelé en renfort plus souvent que prévu, Fleury a fait preuve de son grand talent pour que les Penguins demeurent excellents malgré les nombreuses absences de Matt Murray.

Dans une conversation que nous avons eue à Pittsburgh cette année, d'une voix basse, mais d'un ton senti, il nous a dit: « Les Penguins, c'est mon équipe, j'ai toujours joué ici. Je suis fier de jouer ici et j'aime mes coéquipiers ». Ça peut paraître cliché ou donner l'impression qu'il cache quelque chose, mais non, Fleury disait la vérité.

À la date limite des échanges, les Penguins l'ont gardé au lieu de le troquer. Et quand Murray s'est blessé, il s'est dressé devant ses adversaires et continue de le faire.

La suite est difficile à prévoir contre les Capitals, contre qui ce n'est pas fini. Comment se déroulera le repêchage d'expansion? Est-ce que Vegas sautera sur l'occasion de sélectionner Fleury? Quoi qu'il en soit, le gardien québécois a fait preuve d'une grande leçon de professionnalisme qui a résonné dans toute la Ligue. En plus de démontrer son grand talent, sa souplesse et son agilité, Fleury a démontré qu'il était un gars d'équipe. Un joueur dédié aux couleurs qu'il porte. Une valeur inestimable qui fait de lui un joueur spécial.

À Nashville

Les présentes séries éliminatoires nous font aussi regarder du côté de Nashville. Les Preds représentent une belle surprise. Après avoir mis K.-O. les Blackhawks de Chicago, ils sont en train de faire souffrir les Blues de St. Louis.

À l'instar des Sens dans l'Est, l'équipe de P.K. Subban semble transportée par une certaine magie. Loin de là, à Montréal, on aime croire que cette magie est provoquée par le jeu du numéro 76, l'enfant chéri P.K. Subban. Certes, c'est un contributeur important, car au moment d'écrire ces lignes, il a amassé 6 points en 7 matchs.

Mais P.K. est loin d'être le seul, il est bien entouré.

À son arrivée, Subban est venu compléter une brigade défensive bien solide. Roman Josi en est le leader incontesté. À 26 ans, son jeu se compare aux défenseurs élites de la Ligue. Il me rappelle Andrei Markov à ses belles années. L'émergence d'Ellis et d'Ekholm, le partenaire de Subban, fait en sorte que les responsabilités sont bien réparties.

P.K. est dans la fleur de l'âge, au meilleur de sa carrière. Souvenons-nous que Subban atteint un point optimal dans son jeu en séries, ç'a toujours été le cas à Montréal.

L'émergence du Subban ne tourne pas le CH au ridicule, loin de là. Shea Weber a réussi à sa façon à amener énormément à la table aux côtés de Carey Price. Si l'offensive du Canadien avait produit, Weber, comme Subban à Nashville, continuerait à être un contributeur important aux succès de son équipe.

Les comparaisons sont inévitables et continueront de l'être pendant longtemps.

Le malheur de Marc Bergevin est que P.K. a toujours eu un petit côté spécial pour les amateurs québécois.

McDavid en tête pour le Hart

Le prestigieux trophée Hart sera disputé entre Sidney Crosby des Penguins, Sergei Bobrovski des Blue Jackets et Connor McDavid des Oilers. C'est probablement le trophée le plus prestigieux qu'on remet en honneur individuel chaque année.

Crosby sera encore un candidat pour lequel plusieurs se battront; les arguments sont favorables et se défendent très bien. Crosby est encore le meilleur.

Mais cette année, malgré les succès de Bobrovski, on ne peut passer sous silence l'impact de McDavid. Il est en train de rebâtir les Oilers d'Edmonton en écrivant une nouvelle page d'histoire, une page qui permet de mettre derrière le glorieux passé des Gretzky et compagnie pour représenter l'espoir de succès. À 19 ans seulement, McDavid représente à lui seul l'espoir d'une ville, une ville qui voit ses Oilers renaître dans un nouvel édifice que les résidents ont contribué à bâtir avec les deniers publics.

En plus d'avoir un talent exceptionnel, McDavid nous laisse croire que Sidney Crosby pourra partir à la retraite tranquille dans quelques années. Son successeur est à Edmonton et pour ces raisons, cette année, McDavid doit gagner le Hart.

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