La CSDL paiera plus de 15 000 $ pour l'agression d'un élève

Benoit LeBlanc benoit.leblanc@tc.tc
Publié le 21 octobre 2016

Joseph Ammari se souviendra toujours tristement de sa journée d'école du 26 février 2015.

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JUGEMENT. Joseph Ammari obtient enfin réparation après avoir subi une sévère brûlure à la tête le 26 février 2015 quand un confrère de l'école secondaire Saint-Maxime lui a versé de l'hydroxyde de sodium (NaOH ou soude caustique), un produit extrêmement corrosif, sur le cuir chevelu.

Cette blague de mauvais goût avait failli coûter la santé de l'élève qui était alors en 4esecondaire.

Dans sa décision rendue le 29 septembre, le juge Richard Landry, de la Cour du Québec, Division des petites créances, a condamné la Commission scolaire de Laval à verser la somme de 15 000 $ aux parents de Joseph Ammari en plus de défrayer diverses indemnités et frais judiciaires. Selon lui, les consignes de sécurité étaient loin d'être claires et précises.

Le juge Landry réserve aux parents du jeune adolescent le droit de demander, pour une période de trois ans, des dommages-intérêts additionnels.

Toutefois, il rejette la poursuite contre le père de l'élève ayant versé la soude caustique sur la victime.

Le jeune agresseur avait été suspendu une semaine par la direction de Saint-Maxime et des mesures de sécurité et supervision lors des cours de sciences avaient été mises en place. Reconnu comme joueur de tours par ses amis, l'élève fautif a juré qu'il «n'aurait jamais posé un tel geste à l'endroit de son ami Joseph s'il avait le moindrement douté que le produit était dangereux.» Il a exprimé des regrets sincères, estime la Cour du Québec.

Réaction rapide

L'incident reproché s'était produit vers 15h, quand Joseph Ammari jasait avec deux amis tout près des casiers de la Place du Montier, avant le dernier cours de la journée.

Sortant de classe, un camarade était arrivé par-derrière et lui avait versé une poudre chimique sur la tête.

«J'ai entendu quelqu'un crier que c'était du NaOH et celui qui m'a fait le mauvais coup a couru se laver les mains, car ce produit prend cinq minutes à brûler, racontait calmement Joseph au Courrier Laval quelques jours après l'événement. J'en avais dans les cheveux et c'est descendu dans mon cou et le dos. Ça s'est mis à brûler tellement que je me suis mis à frapper sur les murs et les casiers de rage et de douleur.»

Ne perdant pas de temps, l'étudiant de Chomedey s'était précipité dehors avec des amis qui lui avaient versé de la neige sur le dos et le cou, après qu'il eut enlevé manteau et vêtements en plein hiver.

Joseph avait ensuite appelé sa mère à la maison et s'était dirigé vers un café où ses cheveux avaient commencé à tomber quand il les lavait avec de l'eau et du savon à main.

«Mon mari est parti le chercher pendant que j'appelais plusieurs fois l'école avant qu'on ne me réponde, voulant savoir d'urgence quel était exactement ce produit et en informer ensuite les médecins, mentionnait Lisa Qazzaz, la mère de Joseph, qui affirmait avoir parlé à un membre de la direction. Après vérification auprès de professeurs, on m'a dit qu'aucun pot de NaOH ne manquait. Or, c'est avec ses mains qu'a opéré la personne!»

Plus tard, une secrétaire confirmera qu'il manque une quantité d'hydroxyde de sodium dans un flacon utilisé pour des expériences en classe.

Une fois dans une clinique médicale du boulevard Curé-Labelle, le médecin de garde avait vite compris la gravité de la situation. Joseph s'était retrouvé la tête sous l'eau froide durant de longues minutes, avant que l'on applique une crème, question de tout nettoyer soigneusement. La substance était entrée sous l'épiderme et avait touché l'os. L'adolescent s'était retrouvé avec des brûlures au 3e degré.