Manifestation pour dénoncer la privatisation des soins à domicile

Stéphane St-Amour stephane.st-amour@tc.tc
Publié le 12 septembre 2016

Les manifestants demandent au gouvernement de miser sur le système public de santé et de services sociaux pour développer les services à domicile, plutôt que de se concentrer sur le privé.

©Vincent Graton

SANTÉ. Une centaine de manifestants ont entrepris dimanche midi une marche de deux kilomètres sur le boulevard de la Concorde, à Duvernay, dans le cadre d'un rassemblement organisé par les auxiliaires en santé et services sociaux (ASSS).

Cette manifestation avait pour double objectif de défendre leur mission en matière de soins à domicile et de dénoncer la privatisation de ces soins à laquelle se livre le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, fait valoir la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui prenait part à ce cortège sous escorte policière.

«La consolidation du réseau public coûte moins cher que de développer un réseau privé en parallèle», insiste le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), Guy Laurion, tout en dénonçant l'annonce ministérielle récente d'un investissement de 22 M$ visant à développer les services privés à domicile.

Guy Laurion et Jean Lacharité, respectivement vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) et vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), ont marché aux côtés des travailleuses et travailleurs.

©Stéphane St-Amour

Déqualification

M. Laurion crie à la déqualification et à la banalisation de la profession d'auxiliaire.

«Les auxiliaires du réseau public ont une formation de 975 heures, alors que dans le secteur privé la formation pour un préposé en soins à domicile est de 120 heures. Ce n'est pas comparable», déplore-t-il.

Il ajoute que le Québec dispose d'un réseau public parmi «les plus performants au monde» et que ses «travailleuses et travailleurs sont les mieux placés pour donner les soins adéquats à la population qui souhaite demeurer à domicile».

Avec le vieillissement de la population et la demande grandissante pour ces soins et services dispensés à la maison, les auxiliaires sont tout désignés pour assurer les meilleurs suivis des plans de traitement auprès de cette clientèle plus vulnérable, poursuit M. Laurion.

La manifestation regroupait plusieurs auxiliaires en santé et services sociaux venus exprimer leur attachement pour cette profession et pour la préservation des soins à domicile offerts dans les CLSC.

©Stéphane St-Amour

Expertise

Même son de cloche du côté de Nathalie Bourque, porte-parole de l'Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec (AAFSQ).

«Les auxiliaires en santé et services sociaux [ASSS] sont compétentes et mettent en place des plans d'intervention évolutifs et personnalisés pour chaque usager visité. Elles sont en communication étroite avec une équipe multidisciplinaire qui ajuste le plan d'intervention selon les besoins et le profil de l'usager en perte d'autonomie. Nous devons défendre cette profession et le droit de la population à des soins de qualité», affirme-t-elle.

Également présent à la manifestation, le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, estime qu'en investissant dans le secteur privé plutôt que dans le réseau public, «le ministre de la Santé et des Services sociaux est en train de mettre sérieusement en danger la qualité de vie des personnes les plus vulnérables».

Cette activité de mobilisation, dont le cortège a rallié symboliquement le stationnement du 3131, boul. de la Concorde où loge le bureau de comté de la ministre régionale Francine Charbonneau, s'inscrivait dans le cadre de la campagne Ma place en santé, j'y tiens.

Au Québec, on évalue à environ 5000 le nombre d'auxiliaires, dont quelque 300 sont à l'emploi du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval.