Perquisitions à L'Entraide et chez sa directrice générale


Publié le 27 mars 2017

La police de Laval a mené le 23 mars une perquisition à la maison de la famille L'Entraide, située au 664, rue St-André, à Pont-Viau.

©Photo TC Media – Vincent Graton

ENQUÊTE. La Service de police de Laval (SPL) a mené, le 23 mars, une double perquisition aux locaux de L'Entraide, à Pont-Viau, et à la résidence de sa directrice générale, Claire Le Bel, à Prévost, dans les Laurentides.

Directrice générale et fondatrice de L'Entraide, Claire Le Bel.
Photo TC Media – Archives

L'opération policière est en lien avec des allégations de fraude visant cette maison de la famille, affirme la lieutenante et porte-parole du SPL, Geneviève Villemure.
Huit enquêteurs de l'unité des enquêtes criminelles et quatre agents du Service y ont saisi «plusieurs caisses de documents», ajoute-t-elle, précisant que les perquisitions ont débuté à 8h jeudi matin et se sont terminées vers 1h30 le lendemain matin.
Claire Le Bel, qui n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevue, ne fait pour l'instant l'objet d'aucune accusation criminelle dans cette affaire, faut-il préciser.
Rappelons que Mme Le Bel a été conseillère municipale du défunt PRO des Lavallois sous Gilles Vaillancourt avant de se porter candidate à la mairie de Laval en 2013.
Rejoint le 26 mars, le président du conseil d'administration [C.A.] de L'Entraide, Patrick Thauvette, s'est dit «très surpris» de cette double perquisition dont il dit avoir pris connaissance à sa descente de l'avion, la veille.
Lors de notre entretien, dimanche midi, M. Thauvette savait bien peu de choses sur la nature de ces allégations de fraude.
Il devait aujourd'hui (lundi) rencontrer un sergent-détective du Bureau d'intégrité et d'éthique de Laval (BIEL), puis réunir les administrateurs pour un conseil extraordinaire en soirée avant de s'asseoir avec sa directrice générale demain, le 28 mars.
«Claire a toujours la confiance du C.A.» a-t-il indiqué, rappelant qu'il ne s'agissait pour le moment que d'allégations.
Signalement

Selon nos informations, le BIEL a été alerté il y a plus d'un an de pratiques irrégulières dans la gestion de l'organisme, qui célèbre cette année son 25e anniversaire de fondation.
Traité, puis analysé en amont par les agents du BIEL, ce signalement de nature criminelle a conduit à une enquête policière et aux perquisitions menées le 23 mars.
L'Entraide
Au dernier exercice financier complété le 31 mars 2016, l'organisme de bienfaisance, qui a pignon au 664, rue St-André, opérait un budget de quelque 900 000 $, dont un peu plus de la moitié provient de fonds publics.
Cette année-là, L'Entraide a enregistré un déficit de 96 950 $, peut-on lire sur le site de l'Agence du revenu du Canada.
Les 14 employés à sa charge, dont 10 à temps plein, représentaient 57 % des dépenses qui excédent tout juste le million de dollars.
L'Entraide offre une foule de services aux jeunes familles tout en accompagnant les nouveaux arrivants afin de faciliter leur intégration à la communauté lavalloise.
Passage en politique
Fondatrice et directrice générale de L'Entraide, Claire Le Bel avait fait le saut en politique municipale lors de la campagne électorale de 2009, alors que Gilles Vaillancourt l'avait recrutée comme candidate dans le district Concorde-Bois-de-Boulogne. Elle l'avait emportée haut-la-main avec 58 % des voix exprimées.

Claire Le Bel a été conseillère municipale du district Concorde-Bois-de-Boulogne de l'Équipe Vaillancourt de 2009 à 2013.
Photo TC Media – Archives

En vertu d'une pratique institutionnalisée au sein de l'Équipe Vaillancourt, Mme Le Bel – comme la quasi-totalité des conseillers de ce parti – a servi de prête-nom en 2010 et 2011, a-t-on appris durant les travaux de la commission Charbonneau.
Ses contributions de 1000 $ au parti, soit la limite permise par la Loi sur le financement des partis politiques à l'époque, lui avaient alors été remboursées en argent comptant à même la caisse occulte de la défunte formation politique.
Puis, lors des élections de 2013, Claire Le Bel a brigué la mairie de Laval à titre de chef du Parti Option Laval, terminant 3e derrière Marc Demers et Jean-Claude Gobé à la faveur de plus de 14 000 votes.
À l'automne 2014, elle tirait un trait sur la politique municipale lavalloise en sabordant son parti.