Un premier Salon sur l'autisme s'organise

L'événement se tiendra au Cosmodôme

Diane Hameury diane.hameury@tc.tc
Publié le 31 janvier 2014
Johanne Leduc (à droite) et Sylvie Le Guerrier unissent leurs efforts afin d'organiser le Salon de l'autisme TSA du Québec, prévu en octobre au Cosmodôme.
(Photo: Mario Beauregard)

Maman de deux enfants autistes, auteure et conférencière, Johanne Leduc s’investit d’une nouvelle et grande mission: celle d’organiser le premier Salon de l’autisme TSA au Canada.

Si le travail pour choisir la date, du 3 au 5 octobre, et l’endroit, le Cosmodôme, a déjà été effectué, on doit maintenant bâtir tout le reste avec notamment la recherche d’un porte-parole, de commanditaires, partenaires et conférenciers.

Sous un seul et unique toit, le Salon proposera 90 kiosques, où les parents dénicheront de l'information, entre autres, sur le soin des dents, la santé des yeux, les services scolaires, les maisons de répit, les services spécialisés, l'ergothérapie et la zoothérapie, «tout ce qui peut aider», avance Johanne Leduc, qui partage le travail avec Sylvie Le Guerrier, organisatrice d'événements.

«Quand on a besoin d'un dentiste ou d'un ophtalmologiste, par exemple, il faut avoir quelqu'un qui saura s'ajuster au langage des autistes», fait-elle valoir.

Au Salon, les gens pourront également visiter six boutiques spécialisées en équipement dédié à cette clientèle.

«On veut cependant que ce soit aussi festif, alors on prévoit un volet spectacle en soirée», mentionne-t-elle.

Expérience personnelle

L'idée d'un tel salon a germé dans l'esprit de Johanne Leduc en 2012. L'an dernier, une rencontre fortuite à l'Autiste Show de Blainville avec Mme Le Guerrier a mené à une amitié et un partenariat pour ce projet.

Évidemment, l'organisation est teintée par l’expérience familiale de Johanne Leduc. Sa vie et celle de son conjoint ont pris une toute autre tournure lorsque leur aîné, Simon, 11 ans, a reçu son diagnostic d'autisme. Quelques années plus tard, l’histoire se répétait avec Rémi, 9 ans.

«Dans ces moments-là, tu as un deuil à faire et tu n'as pas le temps de digérer tout ça. Il faut que tu ailles chercher l'information et j'y ai passé des nuits. Sur Internet, tu peux voir 14 sortes de méthodes, mais les parents n'ont pas assez de formation pour tout comprendre. Nous ne sommes pas outillés pour choisir la bonne. C'était comme ça pour moi en 2005 et c'est encore comme ça aujourd'hui», confie-t-elle.

Livre

En 2012, Johanne Leduc a mis sa réalité sur papier dans le livre La souffrance des envahis, un ouvrage qui devait être publié au départ à titre d'auteur afin de lever le voile sur le quotidien, souvent déformé par le sens de l'humour.

«Dans des réunions de famille, quand on nous demandait comment ça allait, mon mari et moi faisions souvent des blagues, alors les gens ne savaient pas vraiment ce qui se passait. Ils ont été très surpris en lisant le livre.»

La souffrance des envahis a finalement fait son bout de chemin hors de l'entourage immédiat de l'auteure pour rejoindre de nombreux parents, qui se sont reconnus à travers ses écrits.

Par la suite, une participation au Salon du livre et des entrevues avec les médias se sont succédé pour Johanne Leduc. Elle se retrouvera également au cœur d'un documentaire sur l'autisme dont la diffusion est prévue à l'automne, sur les ondes de TV5.

Finalement, le duo lancera un site Internet le 3 mars prochain, dans lequel on offrira notamment de l'information sur les services offerts par région.