Un projet né à Brossard vient en aide aux femmes victimes d’un cancer du sein

Les Nichons tricotés

. Il s’agit de prothèses mammaires en coton faites à la main, qui s’adressent aux milliers de femmes qui ont subi une mastectomie ou une autre forme de chirurgie mammaire.

Les Nichons tricotés, ça vous dit quelque chose? Pour bien des femmes qui ont connu les prothèses mammaires de silicone à la suite d’une mastectomie, les prothèses de coton sont une vraie libération.

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Né du mouvement Knitted Knockers bien connu aux États-Unis et au Canada anglais, le projet des Nichons tricotés a été créé par l’organisme de Brossard Com’femme, qui souhaitait faire connaître l’option des nichons de coton aux Québécoises touchées par le cancer du sein. Il s’agit de prothèses mammaires en coton faites à la main, qui s’adressent aux milliers de femmes qui ont subi une mastectomie ou une autre forme de chirurgie mammaire.

Légère et douce

Françoise French-B et Monique Deslauriers sont très fières du projet des Nichons tricotés, dont plus de 300 ont été distribués jusqu’à maintenant.

«La prothèse en silicone est très lourde et très chaude, explique Monique Deslauriers. Tu peux l’endurer un certain temps, mais jamais une journée entière. Je l’ai porté pendant 33 ans et ensuite, j’ai découvert les nichons de coton. Cette prothèse entre facilement dans un bonnet de soutien-gorge, ça ne pèse presque rien et c’est extrêmement confortable. Je ne peux plus m’en passer! Je ne comprends pas que ça ne soit pas offert à toutes les femmes qui ont subi une mastectomie.»

Alors qu’une prothèse de silicone peut peser plusieurs kilos, celle de coton ne pèse que quelques grammes, en plus d’être extrêmement douce. Des prothèses spéciales ont même été développées pour la baignade.

«Lorsque les femmes apprennent que ça existe, elles sont sous le choc et ne comprennent pas pourquoi personne ne leur a proposé cette option avant.»

- Françoise French-B

Si les femmes démontrent encore beaucoup de pudeur à aborder le sujet, Com’femme tente de faire connaître les nichons tricotés, mais surtout de convaincre les femmes de les essayer.

Depuis la mise en place du projet, l’organisme a reçu de nombreux témoignages.

«Certaines femmes pleuraient tellement elles étaient soulagées», raconte la présidente du conseil d’administration de l’organisme, Françoise French-B.

Encourager l’option du coton

Lorsque la présidente de Com’femme a entendu parler de ces prothèses de coton, elle a tout de suite voulu savoir si les Québécoises y avaient accès. Malheureusement, peu ou pas d’informations étaient disponibles à leur sujet à ce moment-là en français.

«Nous avons traduit le site web et la documentation de Knitted Knockers et les avons adaptés pour les Québécoises. Présentement, nous sommes le seul point de distribution de nichons de coton au Québec», précise Françoise French-B.

Les prothèses sont gratuites et l’organisme assume même les frais d’expédition. Pour arriver à fournir des nichons aux plus grands nombres de femmes possible, l’organisme les compresse pour réduire les coûts d’expédition.

Généreuses tricoteuses

Pour arriver à répondre à la demande de toutes ses femmes qui souhaitent essayer les nichons de coton, l’organisme compte sur des dizaines de tricoteuses bénévoles.

Ce travail suscite un intérêt bien plus grand que son instigatrice aurait pu espérer. Des femmes des quatre coins du Québec souhaitent mettre la main à la pâte et tricoter des nichons de toutes les couleurs et de toutes les grosseurs.

Les nichons sont faits de fil 100% coton Pima Ultra ou Pima Ultra fin, un fil doux et lavable qui les rend extrêmement confortables. Un fil un peu plus dispendieux, dont les tricoteuses assument le coût, en plus du temps qu’elles y consacrent. Ils sont bourrés d’une fibre de haute qualité lavable et hypoallergénique, fournie par l’entreprise Foam Extra.

Même si ce tricot pourrait paraître plus compliqué que celui d’une écharpe ou d’une tuque, les tricoteuses estiment qu’il s’agit d’un tricot de difficulté intermédiaire. D’ailleurs, plusieurs patrons sont disponibles sur le web.

«Ça m’épate de voir à quel point ça touche les femmes. C’est une espèce de mouvement pour les femmes fait par d’autres femmes, explique Monique Deslauriers, qui a elle-même mis sur pied un groupe de tricoteuses. Quand je tricote un nichon, j’ai l’impression qu’une autre femme va pouvoir pousser un soupir de soulagement.»

Pour devenir tricoteuse, faire un don ou obtenir une paire de nichons tricotés : www.comfemme.org

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